Photos du rodéo du pénitencier d’Angola (Louisiane).

Photos de sans-papiers dans le Mississipi.

Carthage (Mississipi). Alfonso décortique 21 poulets à la minute. Huit heures et demie par jour, cinq jours sur sept. Soit 53 550 poulets par semaine. Pour ce travail, Alfonso, 26 ans, gagne 6,80 dollars par heure, le salaire minimum. Mais il ne se plaint pas car chez lui, au Guatemala, le jeune homme sans formation et qui ne parle pas un mot d’anglais, gagnerait à peine 3 dollars par jour. Ici, dans le centre du Mississippi, il a de quoi mettre de l’argent de côté pour l’envoyer à sa femme et ses deux enfants restés au pays.

Pénitencier d’Angola (Louisiane). Derrière ses épaisses lunettes de soleil à miroir, Terry Hawkins, matricule 101 896, a ce regard que l’on imagine fier. Le torse bombé, les mains sur son ceinturon, celui que ses pairs ont surnommé Bullfighter (le combattant de taureaux) raconte comment il a remporté dix-neuf duels face aux taureaux auxquels il s’est mesuré pendant les rodéos du pénitencier d’Angola. Ce surnom qui vous colle à la peau et vous définit en prison, Terry vous fait comprendre qu’il l’a mérité. C’était en 1995. “Le teaurau m’a encorné et projeté en l’air, raconte-t-il. Quand je suis retombé par terre, il m’a chargé à nouveau, mais je me suis agrippé et j’ai pu attraper le jeton qu’il avait entre les cornes. J’ai gagné. Depuis, on m’appelle Bullfighter ici”.