Le plan Bush pour l’Irak: des troupes, des dollars et des exigences
New York. Vont-ils se comprendre ? Quand on leur pose la question, de plus en plus d’Américains pensent que la guerre en Irak n’a plus de raison d’être. Selon un récent sondage du Washington Post et de la chaîne ABC, ils sont désormais 60% de cet avis. Dans son discours à la nation ce soir, au cours duquel il va présenter son nouveau plan pour l’Irak, George Bush entend leur prouver le contraire. Les chiffres sont contre lui – moins d’un Américain sur cinq souhaite un renforcement des effectifs du côté de Bagdad – et pourtant. Le président devrait annoncer l’envoi de 26 000 soldats américains en renfort des 132 000 déjà sur place et l’octroi à l’Irak d’une aide économique d’un milliard de dollars pour créer des emplois. George Bush devrait cependant mettre des conditions au gouvernement irakien et demander notamment le passage d’une nouvelle loi qui garantirait une meilleure répartition des revenus du pétrole entre les régions du pays. La Maison Blanche a également remis certaines de ses exigences passées au goût du jour. Elle appelle à l’organisation prochaine d’élections provinciales. But de l’initiative : redonner goût pour le processus électoral à la minorité sunnite. Dans le même genre d’idée, elle veut aussi inciter Bagdad à investir plus d’argent dans les régions dévouées à la cause du défunt Saddam Hussein. George Bush devrait aussi annoncer des opérations militaires conjointes avec les troupes irakiennes contre les milices chiites que le gouvernement de Nouri al-Maliki n’a pas réussi à mettre au pas. La Maison Blanche a préparé le terrain à sa nouvelle stratégie en procédant ces dernières semaines à plusieurs changements de personnel. Le général George Casey en charge des troupes américaines à Bagdad, va être remplacé par le général David Petraeus qui passe pour être un partisan d’une augmentation du nombre de troupes américaines en Irak. Zalmay Khalilzad, ambassadeur des Etats-Unis en Irak, va quitter son poste pour représenter son pays à l’ONU. Il sera remplacé à Bagdad par Ryan Crocker, l’actuel ambassadeur des Etats-Unis au Pakistan. George Bush a invité le 8 janvier à la Maison Blanche, 30 élus de son parti républicain pour leur soumettre son plan. Dans l’ensemble, les parlementaires sont ressortis plutôt convaincus de leur entretien avec le président. Mais certains conservateurs comme Olympia Snowe, la sénatrice du Maine, restent sceptiques. En face, la nouvelle majorité démocrate au Congrès n’est pas avare de critiques envers le plan Bush et dénonce déjà une «escalade» du conflit. Nancy Pelosi, nouvelle présidente de la Chambre des Représentants, a laissé entrevoir dimanche la possibilité de bloquer les crédits pour la guerre en Irak. Cette menace ne sera très probablement pas mise en œuvre par les démocrates. Ces derniers ont en revanche annoncé leur intention de scruter les intentions irakiennes de la Maison Blanche. Robert Gates, le nouveau chef du Pentagone, Condoleezza Rice, la Secrétaire d’Etat, et le général Peter Pace, numéro un de l’armée américaine, sont ainsi attendus demain matin au Sénat pour une séance d’explications sur la nouvelle stratégie. Jean-Cosme Delaloye / New York CommentsYou must be logged in to post a comment. |
||

