Le Congrès veut mettre fin aux cadeaux fiscaux pour les pétroliers

  • La nouvelle majorité démocrate a décidé de supprimer les exonérations fiscales des groupes pétroliers pour financer les énergies renouvelables. .
  • Le climat au cœur des débats.

New York. Les démocrates s’étaient donné cent heures à partir de leur arrivée au pouvoir pour réorienter en profondeur la politique du Congrès américain. Ils ont conclu jeudi cette période initiale en faisant passer une loi à la Chambre des Représentants qui supprime les avantages fiscaux des compagnies pétrolières américaines. La nouvelle majorité estime que la fin de l‘ère des ristournes rapportera 15 milliards de dollars à l’Etat. Une somme qui sera investie dans le développement des énergies renouvellables.

Le projet de loi prend le contre-pied de la politique de George Bush et du Congrès ces six dernières années. Il annule 6 milliards de dollars d’allègements fiscaux accordés au secteur énergétique et introduit un impôt dit «de préservation » sur le pétrole et le gaz extraits dans les profondeurs du Golfe du Mexique. Les républicains ont dénoncé l’initiative, estimant qu’elle freinerait la production intérieure et les efforts de la Maison Blanche pour parvenir à l’indépendance énergétique, un sujet brûlant outre-Atlantique.

La loi dénoncée par certains démocrates représentant des circonscriptions industrielles, risque désormais d’avoir des problèmes à passer au Sénat, une chambre où les démocrates possèdent un avantage d’une voix. La question du réchauffement climatique fait en revanche son retour sur les devants de la scène depuis que la majorité a changé de camp. La Chambre des Représentants a annoncé le 18 janvier sa décision de créer une commission parlementaire consacrée à cette question et à l’indépendance énergétique.

Au Sénat, oû les esprits sont aussi marqués par les températures anormalement douces de ce début d’hiver, deux projets de loi visant à limiter les émissions de gaz carbonique ont été déposés mercredi par des élus démocrates. John McCain, républicain et candidat à la présidentielle de 2008, est l’auteur d’une initiative similaire. Il a un soutien de poids : Barack Obama, son rival potientiel sur la route d’une Maison Blanche qui pourrait avoir la main plus verte à la fin du mandat de George Bush l’année prochaine.

Jean-Cosme Delaloye / New York

Cet article est paru le 20 janvier 2007 dans la Tribune de Genève.


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