Bush: l’utopie pour faire passer la pilule irakienneNew York. George Bush avait une difficile équation à résoudre mardi soir lors de son traditionnel discours sur l’état de l’Union. Comment faire passer la pilule irakienne et sa décision d’envoyer 20 000 soldats supplémentaires du côté de Bagdad tout en limitant les points de friction avec la nouvelle majorité démocrate au Congrès ? Pour mesurer l’ampleur de sa tâche, un chiffre : 84%. Lors de son discours de 2002, plus de huit Américains sur dix appuyaient George Bush. Aujourd’hui, ils sont à peine 30%, faisant de lui l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire moderne américaine. George Bush a cherché son salut dans une tardive conversion écologique aux intonations utopiques. Il a développé pour la seconde année consécutive l’idée très en vogue aux Etats-Unis d’indépendance énergétique et a proposé une réduction de la consommmation d’essence de 20% d’ici 10 ans. Un but louable en soi mais qui soulève de nombreuses interrogations. La consommation d’essence aux Etats-Unis, plus grand marché de l’automobile au monde, a régulièrement augmenté pendant les six années de M.Bush à la Maison Blanche. En 2005, selon les statistiques gouvernementales, les voitures américaines ont avalé l’équivalent de 9,15 millions de barrils de pétrole par jour (soit 1,4 milliards de litres). En 2001, la moyenne était de 8,61 millions de barrils par jour. Ancien homme d’affaires dans le pétrole, George Bush veut aujourd’hui une nette amélioriation de la consommation des voitures américaines d’ici 2010 et une augmentation obligatoire et radicale de la production d’éthanol et d’autres énergies alternatives. Une proposition qui apparaît pour de nombreux experts américains comme inatteignable. Les démocrates ont, eux, amèrement regretté l’absence dans le discours de M.Bush, de tout plan visant à réduire les émissions de gaz à effets de serre. L’effet d’annonce s’est d’ailleurs vite dissipé. Alors qu’il lui reste 24 mois à la tête du pays, George Bush est un président esseulé et la pilule irakienne n’a pas passé malgré ses appels à l’unité. Hier, le Sénat a commmencé à débattre d’une résolution non contraignante qui l’appelle à ne pas envoyer de troupes supplémentaires en Irak. L’équation de George Bush est décidément bien compliquée. Jean-Cosme Delaloye Editorial publié le 25 janvier 2007 dans le quotidien Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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