Jennifer Lopez : «J’ai mûri»

lopezpicweb.jpg

  • La superstar sort ce printemps « Como ama una mujer », son premier album en espagnol.
  • A 37 ans, Jennifer Lopez est active sur tous les fronts en cette année 2007. Elle sera à l’affiche de deux films qu’elle a produit, Dancelife, son reality show, a été lancé sur MTV.
  • Rencontre à Miami avec une chanteuse rayonnante.

Jennifer Lopez, vous sortez cette année votre premier album en espagnol. Pourquoi avoir choisi la langue de vos parents ?
Quand j’étais petite, ma mère chantait souvent des chansons hispaniques traditionnelles. Elle les vivait et c’est elle qui m’a inspiré. J’ai toujours voulu reproduire cette sensation que j’avais quand je l’écoutais chanter. Faire des albums en anglais m’a comblé mais il y avait toujours une part de moi qui voulait faire cet album en espagnol. Et Marc (n.d.l.r : Marc Anthony, son mari) a réussi à tirer le meilleur de moi-même. Il sait à quel point les choses me touchent. Et il savait surtout quel genre d’album je voulais faire.

Vous dites avoir mis trois ans pour le faire.
C’est vrai. Cela peut paraître long mais cela ne l’a pas été. A l’époque, j’ai rencontré Estefano et Julio Reyes qui travaillaient sur l’album de mon mari. Ils voulaient que je chante une chanson qu’ils avaient écrit. Marc demandé de le faire. J’étais très nerveuse mais c’est parti comme cela. Nous avons commencé à faire de la musique. Deux ans et demi plus tard, nous avons réalisé que nous avions cet album magnifique.

Vous travaillez avec votre mari Marc Anthony qui a produit l’album. Comment faites-vous la part des choses ?
Marc et moi-même nous sommes rencontrés en travaillant sur une chanson. Ce n’était donc pas quelque chose de nouveau pour nous. Nous ne nous sommes pas dit : «Maintenant que nous sommes mariés, faisons quelque chose ensemble». Nous nous respectons beaucoup.

Mais n’est-ce pas difficile de séparer votre vie professionnelle de votre vie privée ?
Non, nous ne faisons pas de différence. Les choses se produisent naturellement. Il y a cinq ans, j’avais le scénario d’El Cantante, le film sur le chanteur de salsa Hector Lavoe (n.d.l.r : Jennifer Lopez joue et a produit ce film qui doit sortir cette année). J’ai appelé Marc. Nous n’étions pas ensemble à l’époque. Il était avec quelqu’un d’autre et moi aussi. Mais je savais que ce rôle était fait pour lui. Il a tout de suite accepté car Lavoe est son idole. Nous ne nous attendions pas du tout à être mariés au moment du tournage quatre ans plus tard.

Vous avez deux albums et deux films prévus cette année. 2007 est-elle l’une des années les plus importantes de votre carrière ?
Oui. J’ai mis six ans à construire ma société de production. Cette année, nous avons trouvé notre rythme de croisière. Deux des films que nous avons produit sortent cette année. Nous avons aussi des shows télévisés notamment Dancelife sur MTV. Nous avons trouvé les bons projets pour la société.

Aux Etats-Unis, on parle beaucoup d’ « identité latino ». Vos deux films et votre album s’adressent en priorité au marché hispanique. Aviez-vous un business plan ?

Attendez. Je suis une artiste avant tout. Je ne réfléchis pas en termes commerciaux. Ce n’est pas comme cela que fonctionne. Je suis mon inspiration. Je ne me suis pas dit : tiens, les gens prennent conscience du poids des Hispaniques, je vais pouvoir gagner de l’argent. Hollywood tente depuis plusieurs années de pénétrer le marché latino mais n’y parvient pas. Il n’y a pas de méthode miracle. Il faut faire de très bons produits auxquels les Hispaniques peuvent s’identifier. En ce qui me concerne, je suis à un stade de ma carrière, où je peux faire des projets que j’aime.
jcjennifer.jpg

Vous avez financé votre album. Votre succès dans la parfumerie vous a-t-il donné la liberté financière de tenter ce projet?
Non. Mon parfum a été un succès mais il fait partie de ma ligne de vêtements. C’est une autre affaire qui nécessite de gros investissements. Du coup, je réinjecte l’argent que je gagne. Non, ce qui m’a donné la liberté de faire cet album, c’est la sensation de ne pas avoir à me demander si j’aurai assez d’argent pour le terminer.

Vous voulez donc parler d’une forme de liberté intérieure ?
J’ai mûri ces dernières années. Aussi bien sur le plan personnel que sur le plan artistique. Certaines choses vous retiennent. Nous avons tous nos moments de doute. Il faut arriver à se dépasser et à prendre des risques sans se demander de quoi demain sera fait. C’est cette liberté que j’ai.

Quelle fut la décision la plus difficile à prendre dans votre vie de femme d’affaires ?
Il y en a eu beaucoup. Mais la décision de me séparer de certains de mes collaborateurs il y a quelques années, fut la plus difficile d’entre toutes. Les choses ne marchaient pas comme je le voulais et j’ai dû me résoudre à le faire. Mais ça craint.

Vos parents sont d’origine portoricaine. Vous êtes née et avez grandi à New York. Comment voyez-vous votre rôle dans la communauté hispanique ?
Je n’aime pas m’impliquer dans la politique. Mais je représente ma communauté. Je suis consciente que je dois être un exemple et j’essaie d’être à la hauteur des attentes dans ma vie privée et publique.

Le titre de votre album est: “La manière d’aimer d’une femme”. Quelle est la vôtre ?
J’aime intensément et suis passionnée. Avec moi, il n’y a pas de demi-mesure. Cela peut être un avantage comme un désavantage.

Qui tient les rênes de votre couple ? Marc ou vous-même ?
Nous sommes partenaires et notre relation est saine. Nous savons que nous avons tous les deux une forte personnalité. Sur un plan artistique, nous ne sommes parfois pas d’accord. Mais c’est normal. C’est lui qui était le patron sur l’album.

Des mouvement de défense des animaux ont interrompu le tournage de l’un de vos shows télévisés car vous avez porté de la fourrure en public. Vous avez aussi été critiquée pour avoir porté des diamants. Est-ce difficile d’être Jennifer Lopez aux Etats-Unis ?

Je n’aime pas donner du crédit à ces gens en parlant d’eux. Ils utilisent les gens comme moi pour faire passer un message et je ne le veux pas.

Vous êtes une superstar. Comment avez vous réussi à disparaître pendant plusieurs mois après votre mariage avec Marc Anthony ?
C’est plus facile qu’on ne le pense. Il suffit de ne plus sortir autant. C’est ce que nous avons fait. Nous voulions nous concentrer sur notre mariage et avons pris nos distances avec la folie du showbiz. C’était une bonne chose.

Mais est-ce que les paparazzis continuaient à vous pourchasser ?

Pour vous pourchasser, ils doivent vous trouver. Ils ne savaient pas où habitait Marc. Quant à moi, je connais leurs habitudes et sait à quels endroits ils sont. Tout le monde dans le showbiz le sait. Les gens qui sont toujours dans les magazines people le veulent bien. Il leur suffit d’aller dans les endroits où les attendent les paparazzis.

Comment vous protégez-vous des rumeurs?

Il n’est pas possible d’empêcher les gens d’écrire ce qu’ils veulent sur vous. Je fais en sorte que ça ne me touche pas car je sais que la vérité finira par éclater. Ca fait un moment que je suis dans le showbiz et déjà été l’objet de nombreuses rumeurs. Mais ça ne fait rien, car mes fans savent ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.

Il y a justement eu une rumeur comme quoi vous vous seriez converti à la scientologie.

C’est faux. J’ai été baptisée et serai toujours catholique.


Jean-Cosme Delaloye / Miami

Une version similaire de cette interview a été publiée le 18 mars 2007 dans le magazine Télétop.
Photo: ©SonyBMG


Comments

You must be logged in to post a comment.

Name (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Speak your mind