George Bush fait front à un concert de protestations sur l’Irak
New York. L’ombre du Vietnam plane toujours plus sur George Bush. Depuis qu’il a exposé son nouveau plan pour l’Irak le 10 janvier dernier, le président américain doit gérer son lot quotidien de critiques. Lâché par son opinion publique et par certains élus de son camps, minorisé au Congrès, George Bush a passé un nouveau week end difficile. Sept soldats américains et 23 Irakiens ont péri ces deux derniers jours en Irak alors qu’à Washington, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer la fin de la guerre. Cette grande manifestation a vu la remobilisation de l’actrice Jane Fonda qui avait joué un rôle central dans le mouvement de contestation contre la guerre du Vietnam et n’était plus apparue à un événement de ce genre depuis 1973. Le symbole n’aura pas échappé à la Maison Blanche. Mais encore plus inquiétant pour le président, est la «désertion » de plusieurs cadres de son parti qui critiquent aujourd’hui ouvertement sa décision d’envoyer 21500 soldats américains supplémentaires en Irak. Chuck Hagel, sénateur républicain du Nebraska a accusé le 24 janvier dernier le gouvernement Bush de «jouer au ping pong » avec les vies américaines. John Warner, respecté sénateur de Virginie et jusqu’ici partisan de la guerre en Irak, s’est aussi récemment distancé de George Bush. Il est auteur d’une résolution non contraignante demandant au président de ne pas envoyer de troupes supplémentaires en Irak. Ce texte devrait être soumis au vote Chambre haute du Congrès cette semaine. Improbable révolutionnaire de 80 ans, John Warner a justifié sa démarche ce week end dans une interview au Washington Post. Il dit regretter n’avoir pas été plus critique à l’époque de la guerre Vietnam et vouloir éviter que les mêmes erreurs se répètent. Chuck Hagel, le rebelle, a aussi fait circuler sa propre résolution contre l’envoi de troupes supplémentaires. Ce texte a été co-sponsorisé par Joe Biden, sénateur démocrate et candidat à la présidentielle de 2008. Ce dernier était l’invité hier des talkshows dominicaux sur les chaînes de télévision américaines. Il a affirmé sur ABC que «seuls vingt sénateurs » (n.d.l.r. : sur 100) soutiennent la politique irakienne de George Bush. Dans l’impitoyable bataille verbale qui se déroule à Washington, le président a mis les points sur les i en affirmant vendredi qu’il est «celui qui décide». Robert Gates, le nouveau Secrétaire à la Défense, a affirmé en fin de semaine dernière que les résolutions proposées par les sénateurs «encouragent certainement l’ennemi et nos adversaires». Dans une interview au magazine Newsweek, le vice-président Dick Cheney parle, lui, de «progrès significatifs » en Irak. Plébiscités par les électeurs américains fin 2006, les démocrates utilisent leur droit de regard sur la politique étrangère de la Maison Blanche. Nancy Pelosi, la nouvelle présidente de la Chambre des Représentants, et six autres élus démocrates étaient ces derniers jours en Irak, au Pakistan et en Afghanistan. Jean-Cosme Delaloye / New York CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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