Condoleezza Rice arrive à pas de loup au Proche-Orient

  • La Secrétaire d’Etat américaine entame ce 23 mars 2007 une nouvelle tournée de 4 jours au Proche-Orient pour tenter de renouer le dialogue entre les autorités israéliennes et le nouveau gouvernement palestinien.
  • Une mission délicate pour Condoleezza Rice qui doit marquer sa présence sans se faire remarquer.

New York. Il y a l’Irak, l’Iran, la Corée du Nord. Il y a aussi un scandale naissant au Ministère de la Justice à Washington. Et au milieu de tout cela, ou plutôt faudrait-il dire en marge de cet agenda chargé pour le gouvernement Bush, il y a la question israélo-palestinienne. Condoleezza Rice, la Secrétaire d’Etat, arrive aujourd’hui au Proche-Orient pour tenter de redonner un peu de souffle au processus de paix englué dans les désaccords entre les deux camps.

Au cours de cette tournée de quatre jours dans la région, Condoleezza Rice doit notamment rencontrer Mahmoud Abbas, le président palestinien, et Ehoud Olmert, le premier ministre israélien. Elle a fait part de sa prédisposition à rencontrer certains membres du nouveau gouvernement d’unité palestinien, malgré la présence de membres du Hamas en son sein. Le gouvernement Bush continue de refuser de traiter avec un parti qu’il a placé sur la liste des organisations terroristes. Mais la cheffe de la diplomatie américaine pourrait s’entretenir avec Ziad Abou Amr, le nouveau ministre palestinien des Affaires étrangères, pourtant proche du Hamas. Elle est aussi disposée à rencontrer Salam Fayyad, le nouveau ministre palestinien des finances.

La position du Département américain d’Etat tranche avec le refus israélien de discuter directement avec le nouveau gouvernement palestinien tant que des membres du Hamas y seront représentés. Le Jerusalem Post a affirmé hier sur son site Internet que Condoleezza Rice devrait demander à Ehoud Olmert ce week end de continuer les discussions avec son les autorités palestiniennes.

La poltique américaine au Proche-Orient reste cependant prudente. La Maison Blanche a annoncé mercredi son intention de diminuer de moitié son aide financière au gouvernement palestinien, afin d’éviter que l’argent ne termine dans les mains du Hamas. Les parlementaires démocrates critiquent un gouvernement Bush coupable, selon eux, d’avoir laissé la situation se détériorer dans la région. Mais comme le rappelle Brian Katulis, un expert sur le Proche-Orient, au Center For American Progress, un centre d’analyse politique proche du parti démocrate à Washington, la majorité démocrate soutient dans son ensemble la décision de la Maison Blanche de ne pas traiter avec le Hamas.

Pour Brian Katulis, l’initiative de Condoleezza Rice est « un petit pas dans la bonne direction » : « Je ne m’attends en revanche pas à de grands résulats de cette tournée, dit-il. La Secrétaire d’Etat doit tenter de réparer les erreurs commises par le gouvernement Bush qui n’a pas soutenu assez franchement les Palestiniens modérés en 2004 et 2005. Mme Rice a aujourd’hui une tâche extrêmement délicate, car la vision des Etats-Unis dans la région est si mauvaise qu’un soutien trop appuyé de la Maison Blanche à Mahmoud Abbas pourrait être le coup de grâce pour lui».

Jean-Cosme Delaloye / New York
Cet article est paru le 23 mars 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève


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