Carnage à l’Université de Virginia Tech

  • Un homme a ouvert le feu hier dans le campus de l’Université de Virgina Tech (Virginie), faisant 33 victimes, dont le meurtrier, et blessant ou moins 29 autres selon un dernier bilan hier soir.

New York. Des bruits de tir dans la grisaille matinale. Les images tournées par Jamal Albarghouti, un étudiant, ont fait hier le tour des télévisions américaines pendant que le bilan de la tuerie sur le campus de la Virginia Tech University à Blacksburg en Virginie, ne cessait de s’aggraver. Ce soir, le dernier bilan était de 33 morts et au moins 29 blessés. Le tireur présumé qui n’avait toujours pas été identifié hier soir par les autorités, faisait partie des victimes. Lors d’une conférence de presse, Charles Steger, le directeur de l’Université, a décrit la tragédie comme « monumentale ». Par le biais de sa porte-parole, George Bush s’est, lui, dit, « horrifié ».

Pendant deux heures, l’université qui compte 25 000 étudiants a été la théâtre de la pire tuerie de l’histoire américaine. Le triste record était jusqu’ici détenu par la ville de Killeen au Texas. En 1991, George Hennard avait abattu 23 personnes dans un restaurant avant de se suicider. Dans un pays souvent ébranlé par ce genre de fait divers, la gravité et l’horreur de celui-ci, ont abasourdi les Américains. Pourquoi? Et comment un tueur a pu faire feu sur un même campus à deux heures d’intervalle sans être stoppé par les forces de l’ordre ? Pendant toute la journée, les médias américains n’ont cessé de se poser ces deux questions sur un carnage qui a réveillé les souvenirs de la tuerie de l’école de Columbine près de Denver le 20 avril 1999, lorsque deux élèves avaient abattu 12 écoliers et un professeur avant de se suicider.

«J’ai vu des policiers dégaîner leur arme et ai compris que c’était sérieux. (…) J’ai d’abord cru que c’était une alerte à la bombe et puis j’ai commencé à entendre des coups de feu », a expliqué Jamal Albarghouti sur CNN. Matt Waldon, autre étudiant de Virginia Tech a aussi raconté à la chaîne de télévision ce qu’il a vécu : «Nous sommes restés pendant une quinzaine de minutes dans l’un des bâtiments. Et puis deux jeunes ont paniqué et ont sauté par la fenêtre. Le garçon s’est cassé la cheville. La fille, elle, est restée allongée sur le sol. C’était la panique ».

La série noire de faits divers qui ébranlent les Etats-Unis depuis plusieurs mois semble sans fin. Le 2 octobre 2006, Charles Roberts, un homme de 32 ans, pénétrait dans la petite école amish de Nickel Mines en Pennsylvanie et abattait cinq fillettes âgées de 7 à 13 ans. Le 12 février, c’était au tour de Sulejman Talovic, un réfugié bosniaque de 18 ans, de choquer les Américains en tuant cinq personnes dans un centre commercial de Salt Lake City avant d’être lui-même abattu par la police. Le même jour, un homme faisait trois victimes à Philadelphie. A noter que le campus de la Virginia Tech University à Blacksburg avait déjà dû être bouclé en août 2006 à cause d’une fusillade. Un détenu qui s’était évadé avait tué un policier avant d’être arrêté peu après. L’homme risque aujourd’hui la peine de mort.

La tragédie de Blacksburg et la répétition quasi cyclique de tueries ont aussitôt relancé le débat sur le droit au port d’armes à feu au Etats-Unis. La question n’a pas directement été abordée par la Cour Suprême américaine depuis 1939.

Jean-Cosme Delaloye / New York

Cet article est paru le 17 avril 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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