Premier combat des chefs pour la Maison Blanche
New York, 25 avril 2007. A cette époque, Orangeburg se pépare normalement à accueillir le festival de la rose. La petite ville de 13 000 habitants au cœur de la Caroline du Sud, sera, l’espace de quelques heures aujourd’hui, la capitale de l’Amérique de l’opposition à George Bush. Les candidats démocrates à la présidentielle de 2008 y ont rendez-vous ce soir pour le premier débat de leur parti. Hillary Clinton et Barack Obama, les deux grands favoris de la primaire démocrate, jouent à Orangeburg un carte importante pour tenter de courtiser l’important électorat afro-américain (11% de l’électorat total). Traditionnellement démocrates et clintoniens depuis l’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche en 1992, les Noirs hésitent aujourd’hui entre Hillary, ex-First Lady, et Barack, l’Afro-Américain et phénomène de ce début d’année. Le débat de ce soir est important pour les prétendants démocrates car la Caroline du Sud accueille la première primaire «noire» l’année prochaine. Dans cet Etat qui compte 30% d’Afro-Américains, les Noirs représentaient 49% des 280 000 électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire démocrate de 2004. Organisé le 29 janvier 2008, le scrutin de Caroline du Sud constitue aussi un véritable test pour les démocrates car c’est traditionnellement la première primaire se déroulant dans le Sud des Etats-Unis, une terre largement républicaine. En 2004, John Edwards avait remporté devant John Kerry cet Etat dans lequel il est né. A l’heure actuelle, Edwards qui se représente et est empêtré dans une polémique autour du prix de ses coupes de cheveux – 400 dollars –, est assez loin derrière Barack Obama et Hillary Clinton. A Aiken, dans le comté voisin de celui d’Orangeburg, Harold Crawford, un Afro-Américain qui est l’un des reponsables du parti démocrate de la ville, estime que le vote noir n’est pour l’instant pas acquis à Barack Obama ou à Hillary Clinton dans sa région : « La pupart des gens abordent la question de l’éthnicité des deux candidats avec une grande ouverture d’esprit, explique-t-il. Les Afro-Américains s’intéressent ici plus à ce que les candidats ont à offrir qu’à leur couleur de peau». En 2004, le comté d’Aiken qui compte 26% de Noirs, avait plébiscité John Kerry (36% des voix) de justesse face à John Edwards (34%). 13% de l’électorat avait en revanche voté pour Al Sharpton, permettant au révérend afro-Américain de New York de réaliser un score bien au-dessus de sa moyenne dans l’Etat (9,7%). Depuis des mois, Clinton et Obama mais aussi John Edwards et le Sénateur Joe Biden, lui aussi candidat démocrate à la Maison Blanche, multiplient les visites en Caroline du Sud. Harold Crawford n’exclut d’ailleurs pas l’émergence d’un troisième homme dans le duel Obama-Clinton. Au niveau national, ces deux derniers se sont lancés dans une course au parrainage de leaders afro-américains. Barack Obama s’est assuré le soutien du très médiatique révérend Jesse Jackson alors qu’Hillary Clinton peut compter sur Charles Rangel, l’un des plus influents élus afro-américains à la Chambre des Représentants. Jean-Cosme Delaloye / New York Hillary Clinton : l’ex-First Lady26 octobre 1947: Naissance à Chicago dans une famille républicaine. Barack Obama : l’étoile montante4 août 1961: Naissance à Honolulu à Hawaï. Son père est Kenyan et musulman et sa mère d’origine cherokee. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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