Le Congrès déclare la guerre à George Bush

  • Le Congrès a accepté le 26 avril 2007 un projet de loi qui fixe une date butoir pour le départ des troupes américaines d’Irak.
  • George Bush va faire front.

New York. Le poker n’est plus menteur et les cartes sont sur la table. D’un côté, le Congrès à majorité démocrate a voté le 26 avril 2007 une loi donnant à la Maison Blanche les 124,2 milliards de dollars qu’elle demandait pour financer la guerre mais en lui fixant une date butoir pour le retrait des troupes américaines d’Irak. De l’autre, le président George Bush, farouchement opposé à cette loi qui demande un redéploiement dès l’automne prochain, a promis de mettre son veto.

Cette passe d’armes est une première pour la Maison Blanche habituée jusqu’à la fin de l’année dernière, à traiter avec un Congrès républicain. Plébiscitée par des Américains inquiets de la tournure des événements du côté de Bagdad, la nouvelle majorité démocrate a décidé de forcer la main à la Maison Blanche après l’échec des négociations avec elle.

La démarche a peu de chances d’aboutir. En cas de veto présidentiel, les démocrates auront besoin une majorité des deux-tiers des parlementaires pour le contourner. Une majorité qu’ils n’ont pas car le parti républicain fait bloc derrière George Bush. La Chambre des Représentants a accepté mercredi la loi par 218 voix contre 208. Quant au Sénat, il l’a fait ce jeudi par 51 voix contre 46.

Limités à un vote pour l’instant symbolique, les démocrates ont annoncé qu’ils soumettront leur loi au président mardi prochain, soit quatre ans jour pour jour après le discours de George Bush dans lequel ce dernier annonçait la fin des opérations militaires en Irak sous une bannière indiquant « Mission accomplie ».

La Maison Blanche a aussitôt accusé les démocrates de faire preuve de « cynisme ». Parallèlement, George Bush a dépêché hier au Congrès le général David Petraeus. Le commandant des troupes américaines en Irak a plaidé en faveur d’un engagement américain de longue durée du côté de Bagdad en expliquant que cette guerre était « la plus complexe et la plus difficile» qu’il avait jamais vue.

Une fois que George Bush aura mis son veto, les démocrates vont devoir revoir leur texte. Ils ne peuvent pas faire traîner le budget de guerre sous peine d’être accusés par les républicains de laisser tomber les troupes américaines. L’une des options possibles a été évoquée hier par le Représentant démocrate John Murtha, l’un des plus fervents partisans à un retrait d’Irak. L’élu de Pennsylvanie a déclaré que les démocrates pourraient donner à George Bush les fonds qu’il demande tout en fixant des conditions au gouvernement irakien.

Jean-Cosme Delaloye / New York

Ce texte est paru dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève du 27 avril 2007.


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