Miz Julia, la “madame” qui fait trembler Washington
New York. L’heure et demi coûtait 300 dollars (360 francs). Deborah Jeane Palfreyalias Miz Julia qui est aujourd’hui accusée d’avoir été à la tête d’un important réseau de prostitution à Washington, assure que ses clients ne recevaient que des massages pour ce prix-là. Le procureur en charge de l’affaire affirme pour sa part que les employées de « Miz Julia » étaient des call-girls qui faisaient beaucoup plus que masser. L’affaire commence à faire des remous à Washington, car Deborah Jeane Palfrey a promis de rendre public 10 000 à 15 000 numéros de téléphone de ses clients. Après avoir d’abord voulu les vendre, elle en a donné une partie à la chaîne ABC qui va les diffuser le 4 mai prochain. Détail piquant : la « Madame de Washington » indique que certains de ses clients font partie du gratin politique de Washington. Ce scandale sexuel a fait sa première victime de marque il y a trois jours : Randall Tobias, un homme peu connu du grand public mais influent au sein du gouvernement Bush. Tobias était, jusqu’à sa démission vendredi, Secrétaire d’Etat adjoint en charge de l’aide américaine aux pays étrangers. Lors d’une interview avec un journaliste d’ABC, Tobias, 65 ans, a reconnu avoir eu recours aux services de l’agence de Deborah Jeanne Palfrey. Cet homme marié affirme en revanche n’avoir eu aucune relation sexuelle avec les jeunes femmes qui lui prodiguaient des « massages », toujours selon le journaliste de la chaîne ABC. La prostitution est illégale aux Etats-Unis, sauf dans l’Etat du Nevada. Le gouvernement Bush n’a cessé de promouvoir cette approche dans sa politique d’aide aux pays du Tiers-Monde. L’agence de Développement international, organe du Département d’Etat qui gère les budgets américains pour l’aide internationale et qui était dirigée par Randall Tobias, a adopté une tolérance zéro face à la prostitution. Elle exige notamment que les récipients des fonds pour la lutte contre le Sida, la dénoncent publiquement et s’engagent en faveur de l’abstinence sexuelle. Deborah Jeanne Palfrey a pour sa part ouvert un site internet pour tenter de lever des fonds pour sa défense. La « Madame de Washington » qui est accusée d’avoir géré son réseau de call girls depuis son domicile californien, a des antécédents. En 1991, elle a été condamnée pour proxénétisme en Californie et passé dix-huit mois en prison. Dans cette affaire où elle risque gros, Miz Julia a indiqué vouloir aller plus loin que de révéler l’identité de ses clients. Elle a menacé de leur demander de témoigner à son procès. Jean-Cosme Delaloye / New York Cet article est paru le 30 avril 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève CommentsYou must be logged in to post a comment. |
||

