Une bombe gay made in America
New York. « Faites l’amour pas la guerre ». Ce slogan des mouvements anti-guerre au Vietnam a résonné dans l’Amérique des années 1960. En 1994, un laboratoire de l’armée américaine a demandé 7,5 millions de dollars pour «décliner » ce mot d’ordre pacifiste et développer une bombe qui utiliserait l’amour pour mettre les ennemis hors d’état de nuire. Cette bombe devait contenir un aphrodisiaque transformant les soldats adverses en homosexuels. Le Pentagone a confirmé l’existence de ce projet mais dit l’avoir rapidement abandonné et ne lui avoir jamais accordé de crédits. Joint le 15 juin 2007 à Berkeley (Californie) où il réside, Edward Hammond, l’homme qui a découvert la demande de crédits, est sceptique. «Je sais que la « bombe gay » a été mentionnée sur un CD-ROM diffusé en 1999 à l’interne par un organisme du Pentagone. Je sais aussi que ce même groupe a demandé en 2001 à l’Académie nationale des sciences, la plus haute autorité scientifique aux Etats-Unis, d’étudier ce projet». L’idée de « bombe gay » était mentionnée dans le cadre d’un projet du Laboratoire Wright dans l’Ohio intitulé « Produits chimiques qui harassent, ennuient et identifient les « méchants ». Les documents sont disponibles sur le site du Sunshine Project, une organisation contre les armes biologiques fondée en 1999 par Edward Hammond et Jan van Aken, un biologiste allemand. Il y est question de sprayer des produits chimiques sur les positions ennemies. Décrite comme de « mauvais goût » par le laboratoire, la bombe gay devait contenir un fort aphrodisiaque pouvant causer un «comportement homosexuel ». Les chercheurs voulaient aussi développer une bombe contenant des produits chimiques capables d’attirer les insectes et les animaux dangereux vers les positions ennemies et de les rendre agressifs. «Il n’y a, à ma connaissance, pas de produits chimiques pouvant transformer un hétérosexuel en un homosexuel, poursuit Edward Hammond. Et s’il existait un aphrodisiaque aussi puissant que cela, il aurait déjà été commercialisé depuis longtemps ». A Hambourg, Jan van Aken déclare qu’il y a aux Etats-Unis, en Russie et en République Tchèque des recherches militaires sur les armes contenant des produits anesthésiants. «Nous pouvons exclure que de tels projets soient en cours en Suisse et en Allemagne, mais nous ne savons pas ce qui se passe dans les autres pays », dit cet ancien inspecteur d’armes chimiques et biologiques. La découverte du projet de bombe gay par le Sunshine Project remonte à décembre 2004. L’affaire n’a toutefois véritablement éclaté que cette semaine lorsqu’une télévision de Berkeley a mentionné l’affaire et a ravivé la polémique. En mars dernier, le général Peter Pace, numéro un de l’armée américaine, avait qualifié l’homosexualité d’ «immorale ». A l’heure actuelle, les gays et lesbiennes sont autorisés à s’enrôler dans l’armée américaine à condition de cacher leur orientation sexuelle. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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