George Bush coincé dans sa stratégie proche-orientale
New York. George Bush se raccroche à sa « vision » d’un Proche-Orient au visage démocratique à l’américaine. Lors d’une conférence de presse de 28 minutes en compagnie du premier ministre Ehoud Olmert le 19 juin 2007 à Washington, le président américain a prononcé le mot « vision » onze fois pour parler de la situation au Proche-Orient alors que son invité l’a mentionné quatre fois. Cette «vision » d’un futur Etat palestinien qui vivrait aux côtés de son voisin israélien n’est plus qu’une belle formule rhétorique à l’heure où les Territoires palestiniens sont coupés en deux entre une Bande de Gaza aux mains du Hamas et une Cisjordanie contrôlée par le Fatah du président Mahmoud Abbas. A propos de ce dernier, Geoorge Bush a réaffirmé hier son soutien indéfectible à un homme qu’il considère comme une « voix de la modération » au milieu d’extrémistes. Mais Avait-il d’ailleurs un autre choix ? La situation actuelle à Gaza renvoie le gouvernement Bush à ses erreurs. C’est lui qui a poussé les Palestiniens à tenir des élections législatives en janvier 2006 alors que le président Mahmoud Abbas demandait des reports du scrutin. A l’issue des élections remportées par le Hamas, une organisation que Washington considère comme terroriste, la Maison Blanche a décidé de ne pas traiter avec le nouveau gouvernement palestinien. Elle a gelé l’aide américaine tout en continuant à soutenir Mahmoud Abbas dans l’espoir d’isoler le Hamas. Le plan a échoué pour de nombreuses raisons. Le gouvernement Bush a aussitôt été considéré comme biaisé par une partie de la population palestinienne. L’embargo américain n’a pas empêché le Hamas d’armer ses milices. De son côté, Mahmoud Abbas qui demandait aux autorités américaines de faire pression sur Israël pour trouver une solution aux colonies de Cisjordanie, n’a rien obtenu de tangible. Empêtrée dans la guerre en Irak, la Maison Blanche a aussi délaissé la région pendant des mois avant de tenter de s’y réinvestir ce printemps. Le résultat de cette politique se lit dans la non-réponse hier de George Bush à un journaliste qui demandait au président s’il acceptait la partition de facto des Territoires palestiniens entre une Bande de Gaza aux mains du Hamas et une Cisjordanie contrôlée par le Fatah de Mahmoud Abbas. Le président américain a affirmé que le Hamas a fait le choix de la violence et comparé Gaza à l’Irak. Face à la crise palestinienne, George Bush semble n’avoir plus qu’une option : soutenir un homme qui ne représente plus que la moitié de la population palestinienne et se raccrocher à cette « vision démocratique » qui devait être au cœur de son second mandat présidentiel. Jean-Cosme Delaloye / New York CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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