Les énergies renouvelables, «dernier chic politique» à Washington

  • Le réchauffement climatique est au cœur de la campagne électorale pour la présidence en 2008.
  • Le Sénat s’est prononcé fin juin en faveur des énergies renouvelables.
  • Mais derrière les déclarations d’intention, ça coince toujours.

New York. Les températures mondiales montent et les temps changent à Washington. Il y a deux ans, le Congrès à majorité républicaine s’était prononcé en faveur d’un accroissement de la production de pétrole et de gaz. Emmené par les démocrates, le Sénat a cette fois voté fin juin un texte de loi qui fait la promotion des énergies renouvelables et encourage les économies d’énergie.

Selon ce projet qui est désormais débattu à la Chambre des Représentants, les constructeurs automobiles seraient obligés d’améliorer la consommation de leurs véhicules d’ici 2020. Les sénateurs ont également fixé un but ambitieux : les Etats-Unis devraient multiplier par sept leur production d’éthanol d’ici 2022.

La défense de l’environnement est en train de s’imposer comme des questions incontournables de la campagne présidentielle de 2008, notamment dans le camp démocrate où les principaux candidats – Hillary Clinton, Barack Obama et John Edwards – s’affrontent régulièrement sur la question du changement climatique.

Les élans verts des uns aux Etats-Unis continuent toutefois à se heurter aux réticences des autres. Les parlementaires de la Chambre des Représentants qui planchent actuellement sur le projet de loi énergétique, se sont aussi prononcé en faveur des énergies renouvelables, mais ont rejeté la mesure des Sénateurs exigeant des voitures moins polluantes. Ils préfèrent demander des appareils ménagers consommant moins d’électricité.

Il y a d’ailleurs des dissonances au sein même de la majorité démocrate au Congrès. Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des Représentants, a assuré que son parti finirait par s’unir pour demander des véhicules plus propres. Face à elle, l’influent John Dingell, élu démocrate de l’Etat du Michigan, où sont basés les grands constructeurs automobiles américains, a dit que cette question donnerait lieu à une « féroce » bataille lorsqu’elle serait abordée cet automne.

Les énergies renouvelables n’intéressent pas que les parlementaires. Fin juin, les acteurs majeurs de Wall Street s’étaient donné rendez-vous au Waldorf Astoria, institution hôtelière new-yorkaise, pour deux jours de conférence sur les bienfaits financiers de ces sources d’énergie. Parmi les invités, il y avait Samuel Bodman, le Secrétaire à l’Energie de George Bush.

Depuis quelques semaines, la Maison Blanche se positionne sur la question de la défense de l’environnement. Son credo est d’investir dans les nouvelles technologies et de soutenir le secteur privé. Alexander Karsner, Secrétaire adjoint à l’Energie, explique la démarche: « Le rôle des capitaux privés est central car aucun programme publique ne peut faire face aux enjeux énergétiques de la planète, dit-il. Nous avons doublé nos investissements gouvernementaux dans l’énergie solaire et sommes leaders mondiaux en la matière. Mais c’est une portion infime face au 110 milliards de capitalisation boursière des entreprises solaires cette année. Ce montant a doublé ces 24 derniers mois et nous voulons faire en sorte que cela continue sur cette voie».

Andy Karsner défend aussi la décision de la Maison Blanche de ne pas fixer d’objectifs contraignants pour forcer les entreprises américaines à réduire leurs émissions de gaz carbonique. Il affirme : « Nos buts ne sont peut-être pas obligatoires mais nous les atteignons contrairement à d’autres pays qui ont une approche coercitive mais ne tiennent pas leurs engagements».
Jean-Cosme Delaloye / New York
Cet article est paru le 27 juin 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève


Comments

You must be logged in to post a comment.

Name (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Speak your mind