Joakim Noah aux portes de la NBA

Agence de presse the.point.is.

  • Double champion universitaire avec son équipe des Florida Gators, le fils de Yannick Noah, sera l’une des stars de la Draft du 28 juin 2007 à New York.
  • Il évoluera l’année prochaine en NBA.
  • Portrait d’un jeune homme qui devrait devenir le joueur français le mieux drafté de l’histoire.

New York. Le phénomène du basketball universitaire aux Etats-Unis a une coupe afro et un sourire accueillant qui ressemble à celui de son père, Yannick Noah. Joakim Noah (Photo Daniella Zalcman) a construit sa carrière loin des courts de tennis pour se faire un nom sur les terrains de basket américains. Ce soir, à New York, le joueur franco-américain de 22 ans va réaliser «son rêve de gosse». A l’issue de la Draft, il rejoindra un club de NBA. « Je suis super excité, explique-t-il. Je ne dors plus depuis des semaines!».

Selon les suiveurs de NBA, il n’est techniquement pas le meilleur joueur de la Draft. Greg Oden (Université de l’Ohio) et Kevin Durant (Université du Texas) sont de loin les joueurs les plus convoîtés cette année. Joakim Noah a tputefois un autre atout. Pendant deux saisons, il a été le moteur, le feu, la rage de vaincre et l’équipier modèle des Florida Gators, double champion universitaire des Etats-Unis en 2006 et 2007.

Ces deux dernières années, Joakim Noah a d’ailleurs été le visage d’une compétition qui passionne les Américains. En 2006, alors qu’il venait de remporter son premier titre avec les Gators et qu’il avait été nommé meilleur joueur du tournoi, il avait surpris beaucoup de monde. Destiné à devenir le choix numéro 1 de la Draft 2006, le jeune homme avait préféré effectuer une nouvelle saison universitaire. Une décision que certains ont critiqué mais qui, selon le joueur, lui a permis de se préparer aux exigeances de la NBA : «Lorsque nous avons remporté notre premier titre, c’était complètement fou, explique-t-il. Pour la première fois de ma vie, j’ai dû apprendre à dire non aux gens.».

La carrière de Joakim Noah n’a d’ailleurs explosé que récemment. Sa première saison à l’Université de Floride fut anonyme. Le jeune hommme ne s’est véritablement révélé qu’en janvier 2006, lors d’un match contre l’Université de Géorgie, au cours duquel il a marqué 24 points. «Depuis, ma vie est un film, dit-il. Et je me sens privilégié».

Pour cette Draft, Joakim Noah est chez lui. Fils d’un champion de tennis et d’une ancienne Miss Suède, il est né le 25 février 1985 à New York. De ce père qu’il décrit comme son « meilleur ami », il dit avoir appris l’ « éthique du travail » : « On disait toujours à mon père que son service était un don de Dieu, dit le jeune homme dans un anglais sans le moindre accent français. Bien sûr que Dieu lui a donné des qualités athlétiques hors du commun, mais quand il était à l’école, mon père se levait deux heures avant tout le monde et allait faire 500 services».

Du haut de ses 2mètres 11, Joakim Noah raconte son amour pour cette ville de New York qu’il a retrouvé à l’âge de 12 ans, après avoir passé 10 ans en France : « Je ne sais pas si je serais ici si j’étais resté en France. Là-bas, j’étais choyé. Et j’aurais pu gagner dix titres de NBA, je serais toujours resté le fils de Yannick Noah ».

Joakim Noah sait que sa carrière n’est aujourd’hui plus tout à fait entre ses mains. Ce soir, le jeune joueur qui se distingue surtout par son travail défensif et ses qualités au rebond, devra rejoindre le club qui le choisira sous les yeux de son grand-père venu du Cameroun pour l’occasion. Joakim Noah n’a pas souhaité révéler sa préférence, stipulant simplement qu’il croit au «karma ». Mais parmi les destinations possibles, on retrouve les Chicago Bulls du Vaudois Thabo Sefolosha.

Jean-Cosme Delaloye / New York
Cet article est paru le 28 juin 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève


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