Joakim Noah, la rage de vaincre aux Bulls

Agence de presse the.point.is.

  • BASKETBALL Le fils de Yannick Noah a été drafté le 28 juin 2007 en neuvième position par les Chicago Bulls, l’équipe mythique de Michael Jordan.
  • Dans le monde poli et retenu de la NBA, le jeune homme laisse libre cours à ses émotions et détonne.
  • A New York, il a retrouvé lors de la draft son premier coach.

New York. Au royaume de la cravate, Joakim Noah (Photo Daniella Zalcman) a opté pour le nœud papillon. Spike Lee, fan inconditionnel de basketball et des New York Knicks mais aussi fidèle spectateur de la Draft de NBA, apprécie : «J’aime bien ce joueur, dit le célèbre réalisateur à propos de Noah. J’adore son costume avec le nœud papillon. Respect ». Sortir du lot: le fils de Yannick Noah en a fait une profession de foi. Le message en direction des recruteurs de NBA est clair en ce jeudi 28 juin 2007 au Madison Square Garden à New York: « choisissez-moi et vous verrez la différence ».

Le début de la draft, marché annuel aux futures stars de la NBA, est toutefois difficile pour le jeune pivot de 2 mètres 11. Les clubs qui ont obtenu le droit de choisir les premiers optent pour d’autres que lui. Et au fil des tours, le regard du franco-Américain semble s’assombrir. Jusqu’à ce que les Chicago Bulls, 9ème équipe à se prononcer, décident de miser sur le joueur de l’Université de Floride.

A l’annonce de son nom, Joakim Noah embrasse sa mère, Cécilia Rhode, son grand-père Zacharie Noah, venu du Cameroun, et sa sœur, Yelena. Il met la casquette des Bulls et grimpe sur la scène pour serrer la main de David Stern, le patron de la NBA. Dans les travées du Madison Square, des jeunes filles hurlent son prénom..

Quelques minutes plus tard, alors qu’il traverse la foule des chasseurs d’autographes, un élégant Afro-Américain d’une cinquantaine d’années, lui tend un téléphone. L’homme s’appelle Lonny Shockley. Il était le coach de Joakim Noah quand celui-ci avait 14 ans et qu’il jouait dans une high school de Manhattan. La recrue des Chicago Bulls s’exclame en voyant son entraîneur et prend le téléphone. A l’autre bout du fil, il y a Pape Cissé, l’un de ses anciens coéquipiers dans l’équipe de Shockley. «Joakim a un cœur gros comme ça, explique le coach à quelques mètres de son ancien protégé. Il travaille dur. Il ne faisait pas partie de me titulaires à l’époque, mais j’avais le sentiment qu’il finirait en NBA. »

A l’heure de l’interview, Joakim Noah reconnaît avoir eu quelques sueurs froides à force de ne pas figurer parmi les premiers joueurs sélectionnés de la draft. «J’ai passé l’heure la plus longue de ma vie » , dit-il. « Mais maintenant je suis à Chicago, répète-t-il plusieurs fois. C’est mieux que tout».

Son grand-père Zacharie le rejoint dans les coulisses de la draft. Joakim Noah l’enlace. « Mon grand-père a été champion de France de foot avec Sedan en 1961, lance-t-il. Après il y a eu Yannick Noah. Son histoire est écrite. Et maintenant « youkoulélé » va jouer pour les Chicago Bulls. C’est quand même beau. Je voulais aussi dire un mot à «yam’s » (n.d.l.r. : Yannick Noah). Même si tu n’étais pas là aujourd’hui, je sais que tu as fait tes prières. Je pense bien à toi ma poulette »

Zacharie a la joie discrète à côté de son petit-fils : « Je l’aime, c’est mon petit pote, dit-il. Sauf que maintenant, il se balade avec moi en mettant sa main sur ma tête ». Ce bonheur est partagé par Cécilia Rodhe, la mère du futur pivot des Bulls : « Je suis fière et émue car quand mon fils avait sept ans et que nous habitions à Paris, les Bulls étaient son équipe préférée. Il se reveillait à 3 heures du matin pour voir les matches ».

A Chicago, Noah va retrouver Thabo Sefolosha, drafté l’année dernière. Le joueur franco-américain n’a jamais entendu parler de son futur coéquipier helvète. « Mais je vais le rencontrer, lâche-t-il avec le sourire radieux de celui qui vient de réaliser son rêve. Nous sommes coéquipiers désormais !»

Jean-Cosme Delaloye / New York

Cet article est paru le 30 juin dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.
Lire par ailleurs le portrait de Joakim Noah par jean-cosme delaloye.


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