Le fils spirituel du “Démon”
New York. Le voyage a duré 10 ans. La première fois que Mirko Loko a rencontré Carl Craig (Photo Daniella Zalcman), superstar de la musique électronique, le Lausannois avait 17 ans. Il était dans la peau de l’intervieweur pour une radio et Carl Craig dans celle de l’interviewé. «A l’issue de l’entretien, je lui ai proposé de faire un échange de mix, se souvient Mirko Loko dans le lobby d’un hôtel new-yorkais. Il a accepté mais je n’ai plus entendu parler de lui. Trois mois plus tard, Carl Craig est revenu est Suisse avec les bras chargés de bandes. On a commencé comme ça». Dix ans plus tard, Carl Craig est assis sur le canapé aux côtés du DJ lausannois. Les deux hommes ont passé une courte nuit dans l’avion qui les menait de San Francisco, où ils ont joué la veille ensemble, et New York où ils doivent se produire ce samedi 23 juin 2007. «Il fait partie de la famille », dit Carl Craig de Mirko Loko. « C’est l’un des artistes qui m’a le plus influencés aussi bien sur le plan musical que sur le plan humain», répond le Lausannois à la star de Detroit. Sur son Mac, ce dernier arbore d’ailleurs l’autocollant de Planet E, le label de Carl Craig sur lequel il a signé. Detroit, l’ouvrière, est à la source de la techno. Carl Craig, Derrick May, Kevin Sanderson y sont originaires. Et tous y sont restés même si leur carrière se déroule principalement en Europe. « Il y a une mort totale de l’industrie qui m’inspire et la musique est un moyen de participer à la reconstruction de ma ville. », explique Carl Craig. Mirko Loko s’est produit le mois dernier au festival électronique de Detroit : « J’ai découvert cette ville en 2001, dit-il. La voir m’a permis de comprendre cette musique et ça me fascine de constater à quel point les artistes de Detroit sont attachés à leurs racines». Dans des Etats-Unis où la musique électronique ne survit plus qu’elle ne vit, Carl Craig a créé les Demon Days pour promouvoir les artistes de son label. Samedi soir, la petite caravane électronique a posé ses valises à Studio B, nouvel endroit à la mode situé dans une zone industrielle de New York. «J’ai l’impression que, depuis le 11 septembre 2001, il n’y plus vraiment le feu aux Etats-Unis par rapport à l’Europe, explique Mirko Loko. Mais quand Carl Craig vous demande de venir jouer avec lui, une telle invitation ne se refuse pas». Pour mesurer le trajet parcouru par Mirko Loko ces derniers mois, il suffit d’ouvrir le TimeOut du 20 juin 2007, exigeante bible des soirées new-yorkaises. Une critique enthousiaste sur le son « crystallin » de Mirko Loko vient souligner une grande photo du Lausannois. Après avoir composé plusieurs morceaux pour les gros labels électroniques du moment au sein du duo Lazy Fat People, Mirko Loko se conjugue désormais en solo. Le Lausannois qui jongle entre ses dates aux quatre coins du monde et son travail de programmateur au Loft à Lausanne en Suisse, va prochainement sortir un nouveau morceau sur Planet E. Il annonce vouloir promouvoir les DJs suisses au Loft : « La scène helvétique ne s’est jamais aussi bien portée, dit-il. Le Vaudois Luciano fait partie des gens les plus demandés du circuit. Mais les artistes suisses restent pour l’instant mieux considérés à l’étranger que chez eux et j’ai envie de contribuer à ce que ça change». Dimanche, Carl Craig est rentré à Detroit. Mirko Loko a laissé les Etats-Unis derrière lui. Prochaine escale au Festival de Jazz à Montreux, où leur route vont de nouveau se croiser lors du week-end d’ouverture, les 6 et 7 juillet prochains. Note CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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