Avec le Dreamliner, Boeing se met au «vert»
New York. Le bol d’air a été royal. Dimanche 8 juillet 2007 à Everett (Etat de Washington), 15 000 personnes et une star de la télévision américaine ont accueilli le Dreamliner (photo Boeing), le nouveau long-courrier de Boeing. Le constructeur aéronautique américain a travaillé pendant cinq ans au développement de cet avion qui peut accueillir jusqu’à 330 passagers et aura une autonomie de 15 750 kilomètres. Ce dernier-né de Boeing fait un tabac. Le constructeur basé à Seattle annonce 677 commandes fermes. Tous les appareils – dont le prix catalogue oscille entre 146 et 200 millions de dollars - ont été vendus jusqu’en 2015. Dans son impitoyable concurrence face à Airbus, Boeing joue la carte verte et met en avant un argument de poids : le Dreamliner va consommer 20% de carburant de moins que les appareils de taille comparable. L’écologie comme atout de vente : la démarche ne convainc que modérément les organisations de protection de l’environnement. « Ce Boeing est un pas dans la bonne direction mais il ne résout de loin pas le problème que pose le transport aérien pour le réchauffement climatique, explique Chris Miller, directeur du programme sur le réchauffement climatique à Greenpeace. Dire que c’est un avion « vert » est exagéré, mais c’est mieux pour l’environnement. Il est la preuve que des considérations écologiques peuvent profiter aux acteurs économiques. La réduction de la consommation est un argument de vente de poids pour Boeing». Dan Becker, directeur du programme sur le réchauffement climatique au Sierra Club, une importante organisation de défense de l’environnement aux Etats-Unis, acquiesce : « C’est bien que les constructeurs aéronautiques fassent des efforts pour réduire leurs émissions de CO2, mais nous sommes encore loin du compte car l’avion reste la manière de voyager qui pollue le plus, explique-t-il. Il faut aussi faire attention car les constructeurs ont tendance à exagérer leurs efforts dans ce domaine». Le transport aéronautique représente actuellement 3,5% de la contribution humaine au réchauffement climatique selon un récent rapport d’experts mondiaux. Et les organisations américaines de protection de l’environnement ont pour l’instant d’autres chevaux de bataille que les avions.: « Aux Etats-Unis, un tiers de la pollution totale provient des transports, explique Dan Becker. Les déplacement en voiture sont responsables de 65% des émissions du secteur des transports alors que les voyages en avion ne représentent que 15%. Dans un premier temps, nous avons décidé de concentrer nos efforts pour obtenir des véhicules plus écologiques ». Jean-Cosme Delaloye CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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