Difficile contre-la-montre de George Bush en Irak
New York. Gagner du temps en Irak. La devise pour un George Bush sur la défensive semblait claire. Alors qu’il s’adressait à la presse le 12 juillet 2007 à Washington, à l’occasion de la publication d’un premier rapport sur la situation du côté de Bagdad, le président a une nouvelle fois demandé à ses concitoyens de faire preuve de patience en leur assurant que les Etats-Unis ne pouvaient pas se permettre d’échouer. “Je crois que nous pouvons réussir en Irak, et je sais que nous le devons” a-t-il declaré. Pour la Maison Blanche progressivement lâchée par les élus de son camp, la situation devient difficilement tenable. Le rapport d’évaluation sur la stratégie irakienne de George Bush, est très mitigé. Six mois après la décision du président d’envoyer 30000 hommes supplémentaires en Irak, huit des dix-huit objectifs fixés ne sont pas atteints. Huit autres sont considérés comme satisfaisants et les deux derniers sont mitigés. Le rapport rédigé par le Conseil de la Sécurité nationale, un organe gouvernemental américain, souligne les carences du cabinet du premier ministre irakien Nouri al-Maliki en matière de réconciliation nationale et relève qu’une loi sur la répartition des revenus du pétrole – une des exigences majeures de la Maison Blanche – n’a toujours pas été votée. Toujours selon le rapport qui accuse l’Iran et la Syrie de contribuer à destabiliser l’Irak, le gouvernement d’Al-Maliki n’a pas fait assez d’efforts pour désarmer les milices. Le 12 juillet, George Bush a passé une heure à se justifier et à mettre en avant les progrès sécuritaires réalisés en Irak. L’argument commence pourtant à avoir des limites dans le camp du président. Depuis que Gordon Smith, sénateur républicain de l’Oregon, a indiqué son intention de voter pour un projet de loi démocrate demandant le début du retrait des troupes américaines d’Irak dans les 120 jours, d’autres sénateurs conservateurs l’ont rejoint. Chez les républicains républicain, la nervosité est à son comble. John Boehner, leader des conservateurs à la Chambre des Représentants et élu resté fidèle au président, a qualifié les déserteurs de son parti de «mauviettes». Pendant ce temps, le Congrès poursuit ses consultations et débats sur un projet de loi qui ordonnerait le retrait des troupes américaines d’Irak d’ici le printemps. George Bush semble avoir encore assez d’alliés pour repousser cette nouvelle fronde parlementaire et rejeter tout retrait américain d’Irak pour l’instant. Le prochain grand test pour lui est déjà agendé au 15 septembre prochain, lors de la publication d’un nouveau rapport sur la situation en Irak. Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 13 juillet 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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