Les Etats-Unis guillotinent Al Qaïda en Irak mais la menace terroriste reste intacte

agence de presse the.point.is.

  • Malgré l’arrestation au début du mois de l’un de ses leaders en Irak, la menace d’Al Qaïda croît aux Etats-Unis.
  • Un rapport des services de renseignement américains rendu public mardi, estime que la nébuleuse terroriste s’est refait une santé.
  • La Maison Blanche continue d’affirmer que la guerre en Irak a affaibli Al-Qaïda.

New York. Tout d’abord, une bonne nouvelle pour George Bush: l’armée américaine a annoncé hier l’arrestation de l’un des leaders d’al-Qaïda en Irak. Selon Washington, Khaled Abdul-Fattah Dawoud Mahmoud al-Mashhadani aussi connu sous le nom d’Abou Shahid (photo Département américain de la Défense) est l’un des hommes de confiance de l’Egyptien Abou Ayoub al-Masri, le chef d’Al Qaïda en Irak. Abou Shahid, ressortissant irakien, est notamment accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre Oussama ben Laden et Abou Ayoub al-Masri.

Cette arrestation réjouissante pour la Maison Blanche est entaché par une mauvaise nouvelle : mardi, les services de renseignement américains ont publié après 21 mois d’enquête un rapport indiquant qu’Al Qaïda a repris du poil de la bête dans sa base-arrière du Pakistan. Celui-ci stipule que le réseau terroriste d’Oussama ben Laden est déterminé à frapper à nouveau son ennemi américain en utilisant notamment sa branche irakienne.

Les conclusions des services secrets contredisent ce qu’affirme la Maison Blanche depuis des mois, à savoir que la guerre en Irak a rendu l’Amérique plus sûre. Pour les 16 agences de renseignement qui ont participé à la rédaction du document, «les Etats-Unis font actuellement face à une menace accrue». Les auteurs du rapport concluent «que l’association entre al-Qaïda et al-Qaïda Irak permet de mobiliser la communauté sunnite radicale, de lever des fonds, de recruter et d’endoctriner des membres, à des fins d’attaques sur sol américain ».

Des fuites ont déjà été publiées la semaine dernière par le Washington Post. La Maison Blanche ne cesse depuis de dépêcher ses cadres chargés de convaincre les Américains qu’Al Qaïda est moins puissante qu’avant les attentats du 11 septembre 2001. Mardi, George Bush a une nouvelle fois affirmé qu’Al Qaïda serait nettement plus forte aujourd’hui, si les Etats-Unis n’avaient pas attaqué la nébuleuse terroriste en Afghanistan et en Irak.

Les affirmations présidentielles sur les bienfaits de la guerre en Irak ne convainquent plus grand monde outre-Atlantique. La Maison Blanche doit gérer une nouvelle offensive d’élus démocrates exigeant le retrait des troupes américaines d’Irak. A la demande de Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat, les parlementaires ont débattu toute la nuit de mardi à mercredi sur un éventuel désengagement de leurs soldats. Les Sénateurs ne sont pas parvenus à un accord mais l’opposition à George Bush a annoncé qu’elle continuerait à demander la fin de la guerre en Irak.
New York / Jean-Cosme Delaloye

Cet article est paru le 19 juillet 2007 dans 24heures et Tribune de Genève.


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