Hillary Clinton priée de défendre sa féminité
New York. Hillary Clinton (photo Drudge Report) est-elle assez femme pour pouvoir parler aux Américaines ? La question qui agite ces jours le gratin politique américain, a été posée lundi soir par Jordan Williams, une internaute du Kansas. Sur le plateau du premier débat CNN/YouTube, les candidats démocrates à la présidentielle ont eu un sourire entendu. La féminité d’Hillary est devenue l’une des affaires de l’été depuis qu’Elizabeth Edwards, a affirmé ce mois-ci que son mari John Edwards était mieux mieux placé que l’ancienne First Lady pour défendre la cause des femmes. Lundi soir à Charleston (Caroline du Sud), Hillary, seule femme à briguer la Maison Blanche, a eu une minute pour plaider sa cause. «Disons que je ne pourrai pas faire autrement de me présenter en tant que femme, a-t-elle répondu en riant à l’internaute du Kansas. Je suis fière d’être une candidate féminine». A ses côtés, John Edwards s’est alors lancé dans un bref exercice de justification en affirmant avoir les idées les plus fortes pour les femmes. «La question des genres est inversée dans cette campagne présidentielle, explique Kathy Dolan, professeure de sciences politiques à l’Université du Wisconsin à Milwaukee et spécialiste de la question des femmes en politique. Clinton a tendance à apparaître comme masculine alors que le côté «féminin» de John Edwards et de Barack Obama est très discuté». Le rôle clé qu’auront les femmes lors de la présidentielle de 2008 est à l’origine de cette polémique sur la question des genres. En 2004, 54% de l’électorat était féminin. Kathy Dolan estime que 60% à 65% des électeurs lors des primaires démocrates seront en fait des électrices. Selon un récent sondage publié par le Washington Post, Hillary fait la course en tête chez les femmes avec 51% d’intentions de vote contre 24% pour Barack Obama et 11% pour John Edwards. Une enquête d’opinion du New York Times donne un résultat similaire mais révèle que les Américaines restent sceptiques au sujet d’Hillary. «Quoiqu’elle fasse, tout est toujours remis en question, poursuit Kathy Dolan. Certaines femmes l’adorent et admirent sa carrière et son ambition. D’autres la détestent. Elles lui reprochent notamment de ne pas avoir quitté Bill Clinton après son aventure avec Monica Lewinsky. A l’heure actuelle, Hillary essaie d’appraître comme forte mais elle doit faire attention de ne pas avoir l’air trop masculine». L’équipe de campagne Clinton a mis sur pied une véritable infrastructure pour courtiser les électrices. Six personnes sont ase concentrent sur le vote des femmes alors que John Edwards n’en a qu’une. Hillary Clinton a aussi mis sur pied des réseaux qui ont pour but de répondre aux préoccupations des infirmières, des femmes d’affaires, des New-Yorkaises et des jeunes femmes célibataires. «Ces efforts sont indispensables, conclut Kathy Dolan. Je pense en effet qu’à l’heure actuelle, les Américains ont plus de facilité à élire un Afro-Américain à la présidence qu’une femme». Jean-Cosme Delaloye La Maison Blanche attire des «cybercandidats»Lundi soir, internet a définitivement acquis ses lettres de noblesse dans la vie politique américaine. Le débat démocrate pour la présidentielle de 2008 était en effet organisé conjointement par le site web YouTube et la chaîne de télévision CNN. Les questions étaient posées par les internautes par le biais de vidéos postées sur YouTube. Le web est au cœur des préoccupations des candidats à la Maison Blanche. Tous ont un profil sur Myspace ou FaceBook dans l’espoir d’attirer des jeunes électeurs branchés en permanence sur de tels sites. Sur la page FaceBook de Sam Brownback, on apprend que le plus conservateurs des candidats en lice pour la présidentielle de l’année prochaine adore lire Le Seigneur des Anneaux et la Bible et qu’il a 1818 supporters. Quand on clique sur la page FaceBook de Barack Obama, on entre dans une autre dimension. Le sénateur de l’Illinois qui cite Moby Dick parmi ses livres préférés, affiche 110 400 supporters, soit quatre fois plus qu’Hillary Clinton. Les prétendants à la Maison Blanche postent régulièrement des vidéos sur YouTube, notamment leurs spots publicitaires qu’ils ont formaté pour le site appartenant à Google. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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