Christoph Blocher explique la “Spezifizät” suisse à Washington
Washington. Expliquer la spécificité suisse à Alberto Gonzales, ministre américain de la Justrice englué dans les scandales, Robert Mueller, patron du FBI, et Michael Chertoff, secrétaire à la Sécurité intérieure. Le but de la visite éclair de Christoph Blocher les 26 et 27 juillet 2007 à Washington était aussi modeste qu’ambitieux. Ambitieux, car allez dire à un Américain habitué aux décisions rapides que l’accord sur la collaboration anti-terroriste entre la Suisse et les Etats-Unis signé l’année dernière n’a pas encore été ratifié et peut techniquement faire l’objet d’un référendum. Et modeste car l’explication de texte du ministre suisse de la Justice n’a pas débouché sur des avancées majeures entre les deux pays. Christoph Blocher n’a pas cherché à obtenir de la part des autorités américaines des garanties sur leurs méthodes de récolte d’informations. Le Conseiller fédéral a assuré que la Suisse n’avait pas eu à traiter de cas litigieux. Il a rappelé que la Confédération continuerait à évaluer les demandes de poursuites pénales américaines lorsqu’il s’agit d’individus. «Contrairement à d’autres pays, nous sommes très réticents en Suisse à interdire les organisations, explique-t-il. Il n’y en a que trois chez nous: le parti national-socialiste allemand, Al-Qaïda, et les Talibans ». Le chef du Département fédéral de justice et police a insisté sur le fait que toutes les autres organisations considérées comme terroristes par Washington – le Hamas ou le Hezbollah notamment - ne feraient pas l’objet de poursuites pénales collectives comme le demande la Maison Blanche à ses partenaires. « Au cas où une personne liée au Hamas arriverait en Suisse, elle ne pourrait pas être extradée vers les Etats-Unis si la seule chose que l’on peut lui reprocher est l’appartenance à ce groupe, a assuré Christoph Blocher. Il faut qu’elle se soit rendue coupable d’actes criminels». L’accord de collaboration anti-terroriste helvético-américaine a été débattu ces derniers mois à Berne et fait l’objet de vives critiques d’une partie de la gauche. Au Conseil des Etats, le socialiste neuchâtelois Pierre Bonhôte avait notamment soulevé les interrogatoires discutables autorisés par le gouvernement Bush. L’écologiste vaudoise Anne-Catherine Ménétrey avait parlé au Conseil national du risque de “complicité” helvétique dans le cadre de Guantanamo et des prisons secrétes de la CIA. Hier à Washington, Christoph Blocher a dit ne pas croire en la diplomatie moralisatrice et a rappelé qu’il traitait avec de nombreux pays qui n’avaient pas la même conception du droit que la Suisse, sans pour autant que cela ne fasse l’objet de critiques. Il n’a pas non plus abordé la question de Guatanamo. Lors du débat parlementaire sur l’accord, le socialiste genevois Carlo Sommaruga avait également soulevé la question de la définition du terrorisme aux Etats-Unis. Récemment, le Credit Suisse s’est retrouvé sur une liste noire d’institutions financièrs traitant avec des pays accusés par Washington de soutenir le terrorisme (Cuba, en Iran, en Corée du Nord, en Syrie et au Soudan). Cette liste avait été publiée sur Internet. Urs Ziswiller, ambassadeur de Suisse à Washington, a indiqué que la Suisse s’était plainte et declaré que le gouvernement américain s’était basé sur des informations éronnées. A Zurich, le Credit Suisse a rappelé avoir décidé de geler ses activités avec les pays incriminés par Washington a fin 2005. Sous la pression parlementaire américaine, le site internet gouvernmental a finalement été retiré du réseau la semaine dernière. Washington / Jean-Cosme Delaloye CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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