Le “désastreux” rachat du Wall Street Journal par Rupert Murdoch
New York. Quand Rupert Murdoch a une idée en tête, il trouve généralement les arguments pour parvenir à ses fins. Mardi soir, le magnat de la presse de 76 ans, s’est offert le groupe Dow Jones et le Wall Street Journal (WSJ), pour 5 milliards de dollars. La famille Bancroft qui contôlait Dow Jones et le quotidien depuis 1902 s’était inialement opposée à la transaction qualifiée de « désastreuse pour la démocratie » par Robert Jensen, professeur de journalisme à l’Université du Texas (lire par ailleurs). Les Bancroft n’ont finalement pas pu résister à la mirobolante proposition faite par le patron de News Corporation de racheter chaque action à près du double de sa valeur. Avec ses 2,1 s’exemplaires quotidiens, le Wall Street Journal est le deuxième tirage aux Etats-Unis derrière USA Today. Il vient désormais rejoindre la centaine de titres déjà entre les mains de M.Murdoch. Cette arrivée du WSJ au sein de News Corporation devrait accélérer la profonde mutation qu’est en train de vivre le paysage médiatique américain. Selon les observateurs de celui-ci, Rupert Murdoch devrait s’appuyer sur le WSJ pour lancer en octobre Fox Business News Channel, sa chaîne d’informations financières. Rupert Murdoch dont le groupe possède notamment le site communautaire Myspace.com, a l’intention de développer ses activités sur internet. Sur ce plan, l’acquisition du WSJ est un atout majeur. Le WSJ est en effet le seul journal aux Etats-Unis à avoir réussi la prousesse de vendre 900 000 abonnements payants pour son site internet. Selon des données de la Newspaper Association of America, l’association faîtière de la presse aux Etats-Unis, le tirage des journaux est en constante régression outre-Atlantique. En revanche, les éditions online ont attiré 59 millions d’internautes au deuxième trimestre de cette année, soit une augmentation de plus de 7% par rapport à la même période l’année dernière. Le rachat du WSJ par News Corporation a mis fin à une saga financière de quatre mois. En effet, une majorité de la famille Bancroft qui détient dans son ensemble 64% des droits de vote de Dow Jones, soucieuse de préserver la liberté de ton de cette institution de la presse américaine, s’est opposée à la vente pendant de longues semaines. Murdoch, un farouche conservateur, a l’habitude de transformer ses titres en « machines de guerre » pour promouvoir ses idées. A l’annonce de l’accord, le magnat de la presse a toutefois réaffirmé son intention de garantir cette indépendance journalistique du Wall Street Journal chère à la famille Bancroft. Jean-Cosme Delaloye «Ces rachats sont désastreux pour la démocratie»Interview de Robert Jensen, professeur de journalisme à l’Université du Texas. Que pensez-vous du rachat du Wall Street Journal par Rupert Murdoch ? Quel impact ce rachat du Wall Street Journal va-t-il avoir sur l’environnment médiatique aux Etats-Unis ? Rupert Murdoch peut-il résister à la tentation d’utiliser le Wall Street Journal pour promouvoir ses idées conservatrices ? CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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