Noriega extradé vers la France
New York. Manuel Noriega (photo gouvernement américain) aurait voulu retourner chez lui à Panama à la fin de sa peine de prison aux Etats-Unis. L’ancien général et dictateur de 73 ans devra encore patienter une dizaine d’années. Un juge de Miami a approuvé mardi 28 août 2007 l’extradition de Noriega vers la France, où il doit purger 10 ans de prison pour blanchiment d’argent sale. La décision du juge fédéral William Turnoff était attendue depuis qu’un autre magistrat – le juge William Hoeveler – avait rendu vendredi une opinion de 12 pages dans laquelle il affirmait que rien ne s’opposait au transfert de Noriega vers Paris. L’ancien dictateur panaméen a été condamné par contumace en 1999 en France. Il est aussi demandé par les autorités de son pays afin de purger une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d’un opposant à son régime. Noriega, 73 ans, a dirigé Panama de 1983 à 1989, jusqu’à son renversement par les Etats-Unis. Cet ancien allié de la Maison Blanche en Amérique centrale est considéré à l’époque de Ronald Reagan et de George Bush père comme un rempart à l’avancée du communisme dans la région. Il tombe cependant en disgrâce en 1988, lorsqu’un tribunal de Floride l’accuse d’avoir collaboré avec des narcotrafiquants colombiens pour faire entrer des tonnes de cocaïne aux Etats-Unis. En 1989, les relations entre Noriega et les Etats-Unis se dégradent rapidement. Les accrocs entre les troupes panaméennes et les soldats américains stationnés dans le canal de Panama se multiplient. Le 15 décembre 1989, le parlement panaméen contrôlé par le parti de Noriega se déclare en « état de guerre » avec les Etats-Unis. A cette même époque, un Marine américain est abattu par les forces de l’ordre panaméennes à Panama City. Cette mort incite alors George Bush père à ordonner l’invasion de Panama. Capturé le 3 janvier 1990, Noriega est poursuivi pour traffic de cocaïne, blanchiment d’argent et racket et est condamné à 40 ans de prison le 16 septembre 1992. En 1999, sa peine est réduite à 30 ans, ce qui lui permet aujourd’hui d’être elligible pour une remise en liberté conditionnelle. Ses avocats affirment que Noriega aimerait rentrer à Panama pour laver son nom. Une démarche compréhensible lorsque l’on sait qu’une nouvelle loi à Panama permet à un condamné de plus de 70 ans de purger sa peine à son domicile. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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