Massacre de Virginia Tech: le rapport qui accable

agence de presse the.point.is.

  • Selon un rapport publié le 29 août 2007, la direction de l’Université aurait pu sauver des vies si elle avait mis en garde les étudiants et professeurs que deux personnes avaient été abattues le 16 avril dernier.
  • Cette absence de réaction a permis à Sen-Hui Cho, l’auteur de la pire tuerie de l’histoire moderne aux Etats-Unis, de poursuivre sa course meurtière dans le campus et de faire 30 autres victimes avant de se suicider.

New York. Après le deuil, la remise en question. Un rapport sur le massacre de Virginia Tech, publié le 29 août 2007, accable la direction de l’université de Blacksburg (Virginie). Quatre mois après la pire tuerie de l’histoire moderne américaine, huit experts mandatés par Tim Kaine, le gouverneur de l’Etat de Virginie, estiment que les administrateurs de la Haute école aurait pu sauver des vies s’ils avaient réagi au double meurtre perpétré par Seng-Hui Cho plus de deux heures avant que ce dernier ne provoque le bain sang qui a coûté la vie à 30 autres personnes.

Le rapport de 147 pages accuse aussi les autorités de Virginia Tech de n’avoir pas su traiter la maladie mentale de Cho. Fin 2005, un juge avait brièvement placé dans une institution psychiatrique en raison de ses tendances suicidaires. A son retour sur le campus, l’étudiant avait contacté les conseillers psychologiques de Virginia Tech. Il avait eu un pré-entretien mais aucun suivi. Les parents de Cho n’avaient non plus jamais été mis au courant des problèmes psychiatriques de leur fils avant cette matinée fatale du 16 avril 2007 où celui-ci a tué 32 personnes avant de se suicider.

Cho, 23 ans, s’était fait remarquer pour avoir harcelé deux étudiantes en 2005. Ses compositions et pièces de théâtre morbides lui avaient valu d’être renvoyé de l’un de ses cours. L’une d’elles, intitulée Richard McBeef, racontait l’histoire d’un enfant de 13 ans qui s’en prenait violemment à son père adoptif et l’accusait d’être pédophile. «Je dois tuer Dick », disait l’enfant dans l’une des répliques. La pièce se terminait par le meurtre du garçon par son beau-père.

Malgré ces inquiétants signaux, Cho est resté livré à lui-même depuis début 2006. Le jeune homme que ses professeurs et camarades de cours décrivaient comme « discret », ne s’est plus non plus fait remarquer des forces de l’ordre jusqu’au jour du drame. Le 16 avril, Cho a d’abord tué deux personnes peu après 7 heures du matin. Il a ensuite eu le temps d’aller à la poste et d’envoyer un paquet contenant des photos et vidéos à la chaîne NBC avant de retourner sur le campus. Le premier email d’alerte prévenant les étudiants et le corps enseignant de Virginia Tech qu’un double meurtre avait eu lieu sur le campus, n’a été envoyé par la directionqu’à 9 heures 26, soit une vingtaine de minutes avant le reste de la tuerie.

Les auteurs du rapport reconnaissent que la direction de l’université n’aurait pas pu boucler les 131 bâtiments du campus mais estiment qu’ils auraient pu sauver des vies en déclenchant le dispositif d’alerte plus tôt. Mercredi soir, les familles des victimes ont exigé des réponses aux conseillers juridiques du gouverneur. Une mère a demandé le renvoi du président de l’université. Tim Kane a refusé, estimant que la direction de Virginia Tech avait déjà suffisamment souffert.

Jean-Cosme Delaloye / New York


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