Un ennemi public nommé eau minérale

agence de presse the.point.is.

  • Des groupes de défense de l’environnement et les maires de plusieurs grandes villes américaines se sont lancés dans une croisade contre l’eau minérale.

New York. L’eau minérale serait-elle pestiférée ? Elle fait en tout cas l’objet d’une fronde cet été aux Etats-Unis. Les villes de Los Angeles et San Francisco ont banni l’eau en bouteille de leurs services administratifs. Parallèlement, les maires américains ont adopté, en juin dernier, une résolution qui vise à encourager la consommation d’eau du robinet, ce que fait par exemple déjà New York à grands renforts d’affiches. A Chicago, un conseiller municipal a proposé la création d’une taxe locale allant jusqu’à 25 cents (30 centimes) sur chaque bouteille d’eau.

La liste des initiatives de ce genre s’allonge chaque semaine et la polémique menace un marché qui a généré 11 milliards de dollars et a crû de 10% en 2006 aux Etats-Unis. L’association faîtière des producteurs d’eau minérale a d’ailleurs financé une importante opération de communication ces dernières semaines pour tenter de peser dans la bataille qui divise les médias. Le New York Times a rappelé dans un éditorial que les Etats-Unis ont l’un des meilleurs réseaux d’eau potable au monde et a encouragé ses lecteurs à boire de l’eau du robinet. Face au Times, le Sun-Sentinel, un quotidien de Floride, estime pour sa part que l’eau minérale permet aux Américains de lutter contre leur « dépendance » au sucre.

La fronde anti-eaux minérales s’est intensifiée cet été lorsque le groupe Pepsi, propriétaire d’Aquafina, a reconnu que la marque la plus populaire aux Etats-Unis n’était « que » de l’eau du robinet filtrée et a accepté d’indiquer l’origine de son eau sur les bouteilles d’Aquafina. Grand rival de Pepsi, Coca Cola a dû faire face à une situation similaire avec Dasani, numéro deux du marché américain de l’eau.

L’emballage est aussi une source de problèmes pour les eaux minérales aux Etats-Unis. La production annuelle de 38 milliards de bouteilles de plastique outre-Atlantique, nécessite 1,5 millions de barrils de pétrole chaque année. Un chffre qui dérange des Américains soucieux de réduire leur dépendance au pétrole étranger.

Les gros acteurs du marché de l’eau aux Etats-Unis - Pepsi, Coca Cola et Nestlé qui possède Poland Spring, une eau de source populaire outre-Atlantique - ont annoncé avoir fait des efforts pour réduire la proportion de plastique dans leurs emballages. Il n’empêche que les considérations écologiques des amateurs d’eau minérale outre-Atlantique, font des heureux jusqu’en Suisse. Sigg, une compagnie helvétique qui vend des bouteilles d’eau réutilisables en aluminium à 20 dollars (24 francs) l’unité, a vu ses ventes augmenter de 200% ces trois derniers mois aux Etats-Unis.

Jean-Cosme Delaloye / New York

Cet article est paru dans le quotidien 24heures le 5 septembre 20


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