Le mouvement anti-guerre en Irak change de stratégie aux Etats-Unis

agence de presse the.point.is.

  • Plusieurs milliers de personnes ont défilé le 15 septembre 2007 à Washington pour protester contre la guerre en Irak.
  • Les manifestations perdent en intensité, mais les lobbyistes pacifistes prennent le relais.

New York. Le mouvement anti-guerre (photo Matt Byrne) ne rend pas les armes aux Etats-Unis. Le 15 septembre 2007, plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre la politique de George Bush en Irak et ont demandé à la Maison Blanche de mettre fin à la guerre. Le rassemblement qui avait débuté dans le calme s’est conclu par l’arrestation de près de 200 activistes, à la suite d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Alors que selon un récent sondage publié par l’agence AP, 57% des Américains pensent que la guerre en Irak était une erreur, la mobilisation publique contre ce conflit semble à la fois quelque peu régresser et se radicaliser. Samedi, Cindy Sheehan, mère d’un soldat mort en Irak et l’une des figures du mouvement anti-guerre, a accusé le gouvernement Bush de vouloir transformer les Etats-Unis en Allemagne nazie et a appelé à la résistance civique et pacifique.

L’eesentiel de la lutte contre la guerre en Irak ne se déroule plus dans les rues de Washington, mais dans les couloirs du Congrès, où de nombreux lobbyistes « travaillent les élus au corps ». Parmi les groupes de pression pacifistes le plus actifs à Washington, « Americans Against Escalation in Iraq » (AAEI, « Les Américains contre une hausse de la violence en Irak ») est une branche du puissant mouvement progressiste et anti-guerre Moveon.org. D’ici la fin du mois, AAEI aura investi 12 millions de dollars pour prmouvoir un retrait américain d’Irak.

La semaine dernière, Moveon.org, a aussi financé une campagne de publicité qui accuse le général David Petraeus, d’avoir trahi les citoyens américains. Le chef des troupes américaines en Irak n’est pas le seul visé. Les démocrates sont aussi régulièrement critiqués parr les mouvements anti-guerre qui les taxent de passivité.

Le parti d’Hillary Clinton et de Barack Obama semble toutefois vouloir s’engager dans un nouveau bras de fer avec la Maison Blanche : Les démocrates veulent obliger le Pentagone à réduire ses effectifs en Irak en allongeant la période de récupération des soldats déployés au front. George Bush a déjà prévenu qu’ils mettrait son veto à cette loi si elle était votée.

Un candidat républicain à la présidentielle de 2008 a pour sa part ouvertement évoqué ce week-end une partition d’Irak. Le sénateur conservateur Sam Brownback a annoncé qu’il ferait dans les jours qui viennent la promotion au Congrès d’un projet de loi sur le découpage de l’Irak en trois régions autonomes. Cette mesure est parrainée par le sénateur démocrate Joe Biden, lui aussi en course pour la Maison Blanche l’année prochaine.

Jean-Cosme Delaloye / New York
Cet article est paru le 17 septembre 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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