Alan Greenspan flingue George Bush
New York. Depuis le temps qu’il monopolise l’attention sur l’Irak, on aurait presque oublié que George Bush a aussi plongé les Etats-Unis dans les chiffres rouges. Ces deux derniers jours, Alan Greenspan (photo Trackrecord), ancien patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) s’est chargé de la rappeler à ses concitoyens. Dans “L’Age de turbulence: aventures dans un nouveau monde”, ses mémoires mises en vente le 17 septembre 2007 outre-Atlantique, Greenspan, 81 ans, fustige la politique économique de la Maison Blanche et du parti républicain. L’auteur qui a touché plus de 8 millions de dollars de sa maison d’édition, critique les « dépenses incontrôlées » et les énormes déficits budgétaires. Il dit regretter que la politique économique de George Bush et du parti républicain ait été dominée par des considérations politiciennes. Greenspan, un républicain qui a dirigé la Fed pendant 18 ans et a pris sa retraite début 2006, estime aussi que les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour le pétrole: “Cela m’attriste qu’il soit politiquement importun de reconnaître ce que chacun sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole” écrit-il dans son livre. Toujours selon Greenspan, George Bush qui s’est distingué par ses importantes réductions d’impôts pour relancer l’économie américaine, a oublié un principe de base : il ne les a pas financées en réduisant les dépenses gouvernementales. Et alors que le président texan a hérité en 2000 d’un excédent budgétaire de 128 milliards de dollars de la part Bill Clinton, son prédécesseur, il enchaîne depuis chaque année les déficits. La Maison Blanche s’est déclarée lundi « un peu surprise » par les attaques de Greenspan. « Rappelez-vous, à fin 2000, nous étions sur la voie de la récession et les réductions d’impôts étaient le remède, a dit Dana Perino, la nouvelle porte-parole de George Bush. Ce fut l’une de nos meilleures édcisions pour permettre à notre économie de continuer à croître». Joint à St. Louis (Missouri), Murray Weidenbaum, l’un des architectes de la politique économique du président Ronald Reagan au début des années 80, soutient la position d’Alan Greenspan : « Si je devais noter la politique économique de George Bush, je ne lui donnerai pas la moyenne, explique-t-il. J’aime les baisses d’impôts et ai fait leur promotion à l’époque. Mais elles doivent être couplées d’une baisse des dépenses gouvernementales. Or, ni le gouvernement Bush, ni le Congrès n’ont voulu le faire ». Alan Greenspan avoue pour sa part n’avoir pas su anticiper la crise immobilière que traversent actuellement les Etats-Unis. Il estime aussi qu’il y a près d’une chance sur deux pour que l’économie américaine connaisse une période de récession. Murray Weidenbaum acquiesce. Pour l’ancien conseiller économique de Reagan, la crise immobilière et le ralentissement de la consommation des ménages, posent un risque réel de récession outre-Atlantique. La Fed doit d’ailleurs annoncer le 18 septembre à Washington une baisse de ses taux d’intérêts pour tenter de relancer l’économie américaine. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
||


