Droits et devoirs de Mahmoud Ahmadinejad à New York

agence de presse the.point.is.

  • Le séjour ces prochains jours à New York de Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, crispe les autorités américaines.
  • Ahmadinejad a créé la controverse en indiquant son intention de se rendre à Ground Zero et en acceptant une invitation de la prestigieuse université de Columbia à Manhattan..
  • Selon un accord de 1947, Washington ne peut pas empêcher l’un de ses ennemis d’assister à l’Assemblée générale de l’ONU.

New York. Mahmoud Ahmadinejad (photo Daniella Zalcman) à New York: rien que l’idée crispe les autorités américaines. Chaque année à la même époque, la venue du président iranien de la Grande Pomme pour l’Assemblée Générale des Nations Unies (ONU), fait parler d’elle. Mais cette année, Ahmadinejad a créé la controverse en indiquant son intention de se rendre à Ground Zero et en acceptant une invitation de la prestigieuse université de Columbia à Manhattan.

La police new-yorkaise a mis mercredi son veto à la visite de Ground Zero en invoquant des raisons de sécurité sur le chantier. Parallèlement, la présidente du conseil municipal de New York a en vain demandé cette semaine à la Columbia University d’annuler sa conférence de lundi avec Mahmoud Ahmadinejad.

Selon un accord de 1947, les villes et pays abritant des institutions de l’ONU doivent garantir leur accès aux représentants étrangers. Dans ce contexte, M.Ahmadinejad, dont le pays est accusé par le gouvernement Bush de soutenir le terrorisme, a déjà pu s’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU en 2005 et 2006. Hugo Chavez, son homologue vénézuélien, a lui utilisé l’année dernière le podium onusien pour traiter George Bush de « diable ».

Le spectre de Genève

Comme le rappelle Thomas Frank, professeur de droit international à la New York University, les Etats-Unis avaient interdit l’accès à leur territoire à Yasser Arafat en novembre 1988, alors que le leader palestinien devait participer à une conférence des Nations Unies sur sur le Proche-Orient. A l’époque, l’Assemblée générale avait trouvé la parade en déplaçant la réunion à Genève.

Si les Etats-Unis ont l’obligation d’accueillir les chefs d’Etat en froid avec leur gouvernement, les « visiteurs indésirables » doivent se plier à une condition : sur ordre du Département d’Etat, ils doivent se cantonner à un périmètre de 40 kilomètres autour du siège des Nations Unies à New York. Dans le cas d’Ahmadinejad, Ground Zero se trouve dans le périmètre autorisé. Mais selon Thomas Frank, « la police new-yorkaise a le pouvoir de l’empêcher d’accéder au site si sa présence là-bas risque de troubler l’ordre public »

Le gouvernement fédéral est la seule autorité capable de désavouer la police new-yorkaise, mais George Bush a soutenu jeudi la décision de bannir M. Ahmadinejad de Ground Zero. Le président iranien a d’ailleurs affirmé le jour-même à la chaîne CBS qu’il n’insisterait pas.

Jean-Cosme Delaloye / New York

L’ « alternative » Genève

La Suisse ne limite pas comme les Etats-Unis les mouvements des diplomates et n’a donc pas délimité de périmètre pour les représentants étrangers autour du siège onusien de Genève. A la Mission suisse à l’ONU, on explique que la Suisse en général et la Genève internationale en particulier sont toujours disposées à organiser des rencontres diplomatiques sensibles. Il n’y a toutefois pas à l’ONU de candidature genevoise qui proposerait une alternative à New York pour accueillir le « problématique » sommet d’ouverture de l’Assemblée Générale de l’ONU. Et ce, même si cette réunion pourrait techniquement être délocalisée dans la Cité de Calvin en cas de problème majeur.
J-C De
Cet article est paru le 22 septembre dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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