Le “New Deal” de Nicolas Sarkozy à l’ONU

agence de presse the.point.is.

  • Le 25 septembre au siège des Nations Unies à New York, le président de la République a, pêle-mêle, appelé à un New Deal mondial, à un élargissement du G8 et du Conseil de Sécurité de l’ONU.
  • Nicolas Sarkozy soutenu l’idée américaine de sanctions contre la Birmanie et réitéré sa ferme intention de s’opposer au développement d’un programme nucléaire militaire en Iran.

Nations Unies, 25 septembre 2007. Nicolas Sarkozy (photo Jean-Cosme Delaloye) n’aime pas faire les choses comme tout le monde. Il l’a rappelé mardi à New York, lors de son premier discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies depuis son élection à la présidence de la République française. Il s’est prononcé en faveur d’un “New Deal” mondial. “Au nom de la France, j’appelle tous les Etats à se réunir pour fonder un nouvel ordre mondial du XXIe siècle sur cette idée forte que les biens communs de l’humanité doivent être placés sous la responsabilité de l’humanité toute entière”, a-t-il lancé, applaudi par l’assistance. “C’est d’un nouvel état d’esprit dont le monde a besoin, c’est un véritable New Deal à l’échelle planétaire qui est nécessaire, un New Deal écologique et économique.”

A l’heure de la conférence de presse, Nicolas Sarkozy a souligné qu’il fallait une nouvelle organisation mondiale adaptée au 21ème siècle. Il a appelé à un élargissement du G8 en G13: “L’Inde, la Chine, le Mexique et le Brésil méritent mieux que d’être invités à un simple déjeuner”. Il a aussi soutenu la réforme du Conseil de Sécurité pour l’adapter à la nouvelle réalité. “Ce n’est plus possible qu’il n’y ait pas de membre permanent du Conseil en Afrique et en Amérique du Sud”, a-t-il déclaré avant d’enchaîner: “Que l’Inde - “petit pays” - ne soit pas non plus membre permanent, est-ce que cela peut durer?”

Le président de la République a fermement réaffirmé son opposition aux ambitions nucléaires militaires iraniennes. “Tous les experts sont d’accord pour dire qu’ils (n.d.l.r.: les Iraniens) travaillent sur l’arme nucléaire”, a-t-il déclaré aux médias. Nicolas Sarkozy a assuré que Paris ferait tout pour empêcher Téhéran de se doter d’un arsenal atomique mais a ajouté que la France faisait des propositions sur le nucléaire civil pour tenter d’éviter “une guerre des civilisations”.

Sur la question de la répression en Birmanie, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il rencontrerait mercredi à l’Elysée une délégation de l’opposition birmane en exil mais n’a pas précisé sa composition. Et il s’est insurgé contre la notion qu’il suivait George Bush. “Si le président Bush dit quelque chose de juste, pourquoi dois-je lui emboîter le pas?”, a-t-il demandé. “Tout ce qui ressemblera à des sanctions efficaces (n.d.l.r.: en Birmanie), aura le soutien de la France”.

Le président de la République voit des progrès potentiels dans un Proche-Orient, où le Proche-Orient est quasiment au point mort: “C’est parce que tout va mal qu’il y a une chance de réussir”, a-t-il estimé en soulignant la conjonction d’intérêts entre les principaux acteurs du dossier, à savoir les Etats-Unis, Israël et l’Autorité palestinienne. “Le temps ne travaille pas pour la résolution de cette crise, a-t-il ajouté. Cela ne sert donc à rien d’attendre”.

Nicolas Sarkozy a profité de sa venue à New York pour rencontrer son homologue colombien Alvaro Uribe. Les deux hommes ont parlé d’Ingrid Betancourt, l’otage franco-colombienne retenue depuis cinq ans et demi par les FARC, guérilla paramilitaire colombienne. Paris a l’intention d’explorer toutes les pistes pour parvenir à la libération d’Ingrid Betancourt. Le président de la République recevra d’ailleurs Hugo Chavez en novembre, un chef d’Etat vénézuélien amené à jouer un rôle d’intrermédiaire entre les FARC et le gouvernement colombien.

Le président de la République a en outre rejeté la notion de balbutiements français au Darfour: “S’il y a bien deux personnes auxquelles on ne peut pas faire de reproches, c’est à Bernard Kouchner (n.d.l.r.: le ministre français des Affaires étrangères) et à moi-même”. Au moment de reprendre l’avion vers Paris, le président de la République était visiblement satisfait de ses 48 heures chargées à New York et du ton nouveau qu’il a considère avoir insuflé à la diplomatie française sur la scène internationale: “Si vous trouvez que mon discours a été traditionnel, vous êtes sévères avec le discours et généreux avec la tradition”, a-t-il lancé à un journaliste.

New York / Jean-Cosme Delaloye


Comments

You must be logged in to post a comment.

Name (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Speak your mind