Micheline Calmy-Rey à l’ONU: « Je ne suis pas Madame Soleil »
Nations Unies, New York. Se faire entendre ? L’exercice n’est pas évident quand on aborde la question du climat aux Nations Unies. Depuis le début de la semaine, chefs d’Etats et diplomates ont parlé et débattu du réchauffement de la planète au siège de l’ONU à New York, mais les avancées sont minces. Les positions restent tranchées entre les pro-protocole de Kyoto (comme la Grande-Bretagne) qui demandent une limitation obligatoire des émissions de gaz à effets de serre et les anti-Kyoto emmenés par les Etats-Unis qui préconisent une « approche volontariste », visant à inciter les pollueurs à polluer moins plutôt qu’à les forcer. Les deux camps ont-ils une chance de s’entendre ? Réponse amusée de Micheline Calmy-Rey (photo Jean-Cosme Delaloye) le 26 septembre 2007 à New York : « Je ne suis pas Madame Soleil ». Dans son discours à l’Assemblée générale, la présidente de la Confédération a plaidé en faveur d’une « action concertée » et d’un accord post-Kyoto qui incluerait tous les pays. Lors de sa conférence de presse, elle a souligné le besoin d’y inclure des mesures coercitives. La Conseillère fédérale a qualifié de « bonne volonté » l’initiative de George Bush qui organise en cette fin de semaine à Washington son « contre-sommet climatique ». Et ce, même si le but avoué de la Maison Blanche est de trouver un terrain d’entente avec les principaux pollueurs dont la Chine et l’Inde en marge du protocole de Kyoto. Autre sujet épineux : le Conseil des Droits de l’Homme. Dans son intervention mardi à l’ONU, George Bush a appelé à la réforme de cet organe basé à Genève et coupable, selon lui, de « critiquer excessivement Israël ». « Pendant sa première année d’existence, le Conseil a dû s’occuper de déterminer les procédures, a répondu Micheline Calmy-Rey. Il est sûr qu’il peut toujours s’améliorer. Mais il faut aussi retenir qu’il a réussi à accepter à l’unanimité une résolution sur le Soudan ». Au cours de 24 heures chargées dans la Grande Pomme, la présidente de la Confédération a eu une série d’entretiens bilatéraux et a notamment rencontré Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestienne. Nicolas Sarkozy, président de la République au sens aiguisé de la formule, avait déclaré mardi au sujet de la situation au Proche-Orient : « C’est parce que tout va mal, qu’il y a une chance de réussir ». Micheline Calmy-Rey a elle aussi parlé d’une «opportunité » pour des discussions de paix et a une nouvelle fois souligné les efforts de la Suisse sur le volet humanitaire de cette crise. New York / Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 27 septembre dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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