Les Etats-Unis planchent sur un plan B pour l’Irak
New York. La Turquie inquiète les Etats-Unis. Alors qu’à Ankara, le parlement turc a accepté le 17 octobre à une très large majorité (507 voix pour-19 voix contre) la mise sur pied d’opérations militaires contre les rebelles kurdes dans le nord de l’Irak, le Pentagone a commencé à réfléchir à un plan B. Le but des stratèges du ministère américain de la Défense est d’assurer le ravitaillement des troupes américaines en Irak sans passer par la Turquie. « Nous étudions effectivement d’autres options, confirme le lieutenant Todd Vician, porte-parole du département de la Défense à Washington. En raison de la situation en Turquie ainsi qu’à Washington, il était nécessaire de planifier une autre route pour ravitailler nos soldats en Irak ». La Maison Blanche demande depuis des jours avec insistance aux autorités turques de ne pas lancer d’incursions miilitaires dans le nord de l’Irak. Lors d’une conférence de presse à Washington mercredi 17 octobre, le président George Bush a réitéré sa position : « Nous ne pensons pas que ce soit dans l’intérêt (n.d.l.r. : de la Turquie) d’envoyer plus de troupes en Irak », a notamment déclaré M. Bush. La tâche du gouvernement Bush est actuellement compliquée par un projet de loi sur la reconnaissance par les Etats-Unis, du génocide arménien lors de la Première guerre mondiale. Le 17 octobre, George Bush a une nouvelle fois prié le Congrès à majorité démocrate de laisser tomber une intiative qu’il a qualifié de « contre-productrice ». Le texte qui fàche Ankara est actuellement débattu à la Chambre des Représentants. Les menaces turques de boucler les couloirs de ravitaillement américains vers l’Irak et les mises en garde de Robert Gates, le Secrétaire à la Défense, qui a rappelé la semaine dernière que 70% des envois américains vers Bagdad passent par la Turquie, ont toutefois ébranlé les démocrates partisans de la résolution. Le projet de loi a perdu plusieurs de ses co-sponsors et sa soumission au vote a été repoussée. Malgré cela, le Pentagone continue ses planifications pour assurer ses arrières. Le lieutenant Todd Vician a refusé de confirmer si les couloirs de ravitaillement jordaniens et koweitiens déjà utilisés lors du lancement de la guerre au printemps 2003, seraient appelés à suppléer la Turquie en cas de détérioration des relations entre Washington et Ankara. Ce plan B déjà évoqué par certains experts outre-Atlantique, paraît toutefois plausible. Jean-Cosme Delaloye / New York George Bush défend son accueil du Dalaï LamaLa Chine n’a pas du tout apprécié que George Bush ait accueilli le Dalaï Lama le mardi 16 octobre à la Maison Blanche. La réponse de Pékin a été prompte. Le gouvernement chinois a retiré ses représentants à une réunion de travail sur la stratégie à adopter face à l’Iran. Hier, lors de sa conférence de presse, George Bush a défendu sa réception du leader spirituel tibétain. « J’admire beaucoup le Dalai Lama, a-t-il déclaré. Je soutiens la liberté religieuse, il soutient la liberté religieuse ». Le président américain a aussi affirmé que sa démarche n’endommagerait pas « sévèrement » les relations entre la Chine et les Etats-Unis. Le Dalaï Lama était présent à Washington pour recevoir la prestigieuse Médaille d’Or du Congrès, une décoration comparable à légion d’honneur en France. L’octroi de cette décoration au chef spirituel tibétain avait été décidée l’année dernière par le Congrès alors à majorité républicaine. Les démocrates ont cependant décidé d’y ajouter une cérémonie publique. George Bush pouvait difficilement échapper à ce protocole. En recevant personnellement le Dalaï Lama à la Maison Blanche et en le qualifiant de « symbole de paix et de tolérance » le 17 octobre, lors de la remise de la médaille, il n’a pas toutefois hésité à froisser la Chine. Ces derniers mois, les relations entre Washington et Pékin se sont compliquées en raison de désaccords sur la situation en Birmanie et au Soudan. La Maison Blanche accuse notamment la Chine de privilégier ses intérêts énergétiques dans ces pays critiqués par la communauté internationale pour leurs violations des droits de l’Homme. J-C De CommentsYou must be logged in to post a comment. |
||

