L’escale de Blaise Hofmann à New York
New York. Cela fait bizarre d’entendre parler de lui un vendredi soir en plein cœur de New York. Lui, c’est le « toillet du village », l’un des personnages d’Estive (éd. Zoé), le deuxième roman de Blaise Hofmann. Il y a trois jours, le jeune auteur vaudois a été invité par l’attachée culturelle du consulat de Suisse à New York, à lire en français des passages de ses deux ouvrages. «C’est un peu bizarre pour moi, lance Blaise Hofmann à l’assistance en préambule de la lecture. C’est comme un voyage. Je connais le point de départ mais je ne sais pas où nous serons dans quelques minutes ». Blaise Hofmann emmène d‘abord ses auditeurs loin des rues cossues du Upper East Side de la Grande Pomme dans un cinéma d’Afghanistan, scène de l’un des chapitres de Billet aller simple (éd. de l’Aire). Puis il les guide jusque dans les pâturages de la vallée de Longrain dans les Préalpes vaudoises, où il a passé à l’été 2005 plusieurs mois comme berger. Il leur explique alors ce qu’est un “toillet”, « vaudoiserie » par excellence, et répond aux questions sur un quotidien à des années du rythme effréné de la Grande Pomme. On retrouve Blaise Hofmann le lendemain, dans un bistrot de Brooklyn. L’auteur vaudois de 29 ans vient de passer un mois à la Ledig House sur invitation de Pro Helvetia. Dans cette résidence pour écrivains à Hudson, à deux heures de voiture au nord de la Grande Pomme, il a côtoyé une dizaine d’auteurs dont « un romancier brésilien, un poète australien, une traductrice parisienne et une journaliste allemande qui a passé longtemps en Irak ». La seule condition pour cette équipée hétéroclyte était de partager les repas du soir. « C’était étrange car nous étions loin du monde, dit-il. Cette expérience de la coupure, fut la plus intéressante pour moi». Blaise Hofmann en a profité pour terminer une fiction sur laquelle il travaille depuis une année. L’auteur quitte la Grande Pomme le 22 octobre pour rentrer à Lausanne, en Suisse. « J’aime bien la phrase : New York est la seule où je ne me sens pas étranger, glisse-t-il dans le brouhaha du bistrot de Brooklyn. Je n’écrirais jamais sur cette ville sans y vivre. Mais si je le faisais aujourd’hui, je crois que parlerais notamment des gangsters de Harlem qui promènent des caniches dans Central Park ». Image marquante d’un incessant voyage que l’auteur vaudois devrait reprendre l’année prochaine dans les pays de la Méditerranée. Une version similaire de cet article est parue le 22 octobre dans le quotidien 24heures. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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