Les Backstreet Boys veulent suivre l’exemple de Prince et Madonna

- Le plus célèbre boys band américain tente l’aventure à quatre sans Kevin Richardson qui a quitté le groupe en juin 2006.
- Les Boys disent vouloir durer comme Madonna ou Prince.
- Interview d’Howie Dorough et de Nick Carter, deux Backstreet Boys, à l’occasion de la sortie d’Unbreakable, le sixième album d’un groupe qui a déjà vendu plus de 100 millions de disques dans le monde.
Los Angeles. Les Backstreet Boys (Photo Ray Kay / Jive Records) ont dû repousser de quelques mois la sortie d’Unbreakable (”Incassable”), que s’est-il passé?
Howie Dorough: En mai dernier, nous étions à New York pour choisir le premier single de l’album et n’avions pas la même idée que notre maison disque. Nous étions prêts à lancer deux singles différents, l’un pour les Etats-Unis, l’autre pour le reste du monde. Mais nous nous sommes rendus compte que ce n’était pas une bonne idée. Nous avons donc décidé de nous donner un peu de temps pour trouver un autre single.
Pensez-vous que les Backstreet Boys soient les mêmes sans Kevin Richardson ?
Howie: Il y a une désormais une dynamique différente à l’intérieur du groupe. Kevin nous apportait son côté grand frère (n.d.l.r. : Kevin Richardson, 38 ans, était le plus âgé des Backstreet Boys). Maintenant avec Nick Carter qui n’a que 28 ans, le groupe a peut-être un côté un peu plus jeune et insouciant. Mais vocalement, je ne pense pas que les gens remarqueront beaucoup de différences. Kevin et AJ évoluaient dans un registre similaire.
L’année dernière, on a eu l’impression que le départ de Kevin Richardson sonnait le glas des Backstreet.
Howie : Il y avait déjà eu de telles rumeurs avant la sortie de Never Gone, notre précédent album en 2005. A l’époque, j’ai pensé que c’était le début de la fin car chacun d’entre nous privilégiait une carrière solo. Mais deux ans plus tard, nous avons commencé à travailler sur Never Gone. Malgré la décision de Kevin de prendre un congé sabatique, nous sommes très heureux et très soudés. Peut-être encore même plus qu’avant. J’espère que nous serons encore là pendant des années et la porte reste ouverte pour Kevin s’il veut revenir dans le groupe.
Kevin Richardson pourrait-il revenir?
Howie: Nous n’en sommes pas certains. Quand Kevin nous a annoncé qu’il voulait quitter les Backstreet Boys, il nous a dit qu’il n’avait plus le cœur à ça et qu’il voulait faire d’autre choses dans sa vie. Il voulait fonder une famille avec sa femme, ce qu’il a fait. Il voulait aussi tenter une carrière au cinéma ou à la télévision et produire des chansons. Il nous a donné sa bénédiction pour continuer les Backstreet Boys. Et nous l’avons encouragé à faire ce qu’il voulait faire.
Vous avez parlé de votre envie de durer. Où voyez-vous les Backstreet Boys dans 10 ans?
Howie: Des groupes comme les Eagles sont des exemples pour nous. J’espère que nous aurons une carrière comme la leur tout en ayant l’opportunité de développer nos projets individuels.
Vous restez considérés comme un boys band pour adolescents. Comment avez-vous l’intention de vous profiler dans les années qui viennent ?
Howie: Les fans de nos débuts sont aujourd’hui trentenaires et probablement parents. Des goupes comme les Beach Boys ont commencé jeunes et ont réussi leur transition. Dans dix ans, Nick Carter, le plus jeune d’entre nous, aura 38 ans. Moi, je serai quadragénéraire. Nous n’attirerons plus les jeunes mais nous voulons durer à manière de Madonna et Prince.
A l’avenir, allez-vous composer vos propres chansons ?
Nick Carter: Nous le ferons un jour. Nous écrivons tous nos chansons pour nos projets en solo, mais avec les les Backstreet Boys. Nous avons une idée de ce que nous voulons et notre but est de choisir des chansons auxquelles les quatre membres du groupe peuvent s’identifier.
Howie: Nous venons tous de contesxtes différents. J’ai des influences latines, AJ est plus funk, Nick plus pop rock quant à Brian, il fait de la pop chrétienne. Si l’un d’entre nous écrivait toutes les chansons, ce ne serait pas très représentatif de ce que nous faisons. Nous avons eu aussi la chance de collaborer avec des producteurs de très grande qualité et avons placé la barre très haut. Nous n’allons pas sacrifier notre album pour nous faire de l’argent sur la composition.
Cette approche a un risque. Le public peut imaginer que que vous chantiez ce que l’on veut bien vous donner à chanter.
Nick: Non, nous choisissons nos chansons comme le font d’autres artistes crédibles comme Madonna.
Sur votre site internet, vous aviez un compte-à-rebours annonçant votre « nouveau départ » avec Unbreakable. Plusieurs chansons ont ce son reconnaissable des Backstreet Boys. Où est donc le nouveau départ ?
Nick: Plusieurs chansons sur cet album sont vraiment différentes de ce que nous avons fait jusqu’ici. Ce nouveau départ fait aussi référence à la décision de Kevin de quitter le groupe et à notre approche différente. Peut-être continuons-nous à faire ce que nous faisons de mieux en y ajoutant une saveur différente. Mais le monde autour de nous a bien changé et nous devons à nouveau nous présenter au public.
Nick, vous avez participé à un show de télé-réalité. Que vous a apporté cette expérience ?
Nick: Avoir l’opportunité de participer à un tel show à mes conditions, fut très intéressant. Le monde a pu voir que j’ai une famille très «colorée». Quand je me suis vu à la télé, je me suis rendu compte que j’avais des problèmes.
Quel genre de problèmes avez-vous découvert grâce à la télé ?
Nick: Je ne m’étais jamais rendu à que point le divorce de mes parents m’avait touché. J’ai aussi découvert que j’avais des problèmes de poids et que tout cela nécessitait un traitement.
Et cela grâce à la télé ?
Nick: Oui, vous vous voyez à la télé et vous vous dites: “Quel gros con je suis ! Pourquoi suis-je aussi fou ? Il faut que ça change”. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de suivre une thérapie.
Jean-Cosme Delaloye / Los Angeles
Backstreet Boys, Unbreakable, distribution Sony Music
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