Obama-Clinton: la guerre des couples se durcit à Las Vegas
New York. «Touche pas à ma moitié». Alors qu’Hillary Clinton, Barack Obama (photo Elizabeth Rockett), John Edwards et les autres candidats démocrates à la présidentielle américaine de novembre 2008 se sont affrontés lors d’un nouveau débat le jeudi 15 novembre 2007 à Las Vegas, leurs conjoints se mobilisent pour les soutenir. L’enseignement de Las Vegas est qu’Hillary Clinton a aussi décidé de prendre les choses en main et de riposter directement aux attaques de ses principaux rivaux. La sénatrice de New York les a accusés de lui avoir “jeté de la boue” et d’avoir employé des tactiques “républicaines” pour tenter de la discréditer. John Edwards lui a répondu qu’il n’y avait rien de “personnel” et qu’il voulait donner le choix aux électeurs. A sept semaines des premières primaires démocrates dans l’Iowa, John Edwards peut compter sur le soutien de sa femme Elizabeth. Cette dernière avait officiellement déclaré la «guerre des époux » en juillet dernier, lorsqu’elle avait affirmé que son mari était mieux placé qu’Hillary Clinton pour défendre la cause des femmes. Depuis, les couples présidentiables s’affrontent régulièrement. A moins de deux mois du début des primaires dans l’Iowa, les conjoints des candidats démocrates à la succession de George Bush multiplient leurs efforts. Cette semaine, Bill Clinton a critiqué en Caroline du Sud les rivaux de son épouse et n’a pas hésité à jouer la carte de la femme seule contre contre une “meute” d’hommes. «Même si ces garçons ne l’ont pas épargnée ces derniers temps, elle peut faire front», a-t-il déclaré lundi à propos des critiques dont Hillary Clinton a été la cible. La semaine dernière, l’ancien président a tenté de protéger sa femme contre les critiques sur l’échec de la réforme du système de santé américain qu’elle avait piloté en 1993 et 1994. Il a aussi comparé les attaques de l’entourage de Barack Obama et de John Edwards à celles auxquelles John Kerry avaient dû faire face en 2004, lorsqu’il avait affronté George Bush. A l’époque, le sénateur démocrate du Massachusetts avait été accusé, à tort, par un groupe d’ancien combattants conservateurs d’avoir menti sur ses faits d’armes pendant la guerre du Vietnam. Kerry avait tardé à réagir et les accusations avaient fait des dégâts considérables dans sa campagne. Cette année, les candidats et leurs conjoints ne laissent rien passer. Pour tenter de contrer Hillary Clinton aujourd’hui largement en tête, Barack Obama et John Edwards insistent sur les contradictions de la sénatrice de New York qui a voté en 2002 en faveur de la guerre en Irak, mais dénonce aujourd’hui ce conflit. A l’instar de ce que fait Bill Clinton pour Hillary, Michelle Obama est aussi de plus en plus présente dans la campagne présidentielle. Cette semaine, elle a appelé les électeurs afro-américains à s’unir pour soutenir la candidature de son mari. A l’heure actuelle, Hillary Clinton récolte 57% des intentions de vote des électeurs afro-américains contre 33% pour Barack Obama, selon un récent sondage CNN. « Je suis sûre que cela ne va pas durer, a déclaré Michelle Obama mercredi sur la chaîne MSNBC. Je suis complètement persuadée que l’Amérique noire va se réveiller et comprendre l’enjeu ». Michelle Obama, une avocate de 43 ans, écrit aussi régulièrement aux partisans de son mari pour les inciter à soutenir financièrement sa campagne. Quant à Elizabeth Edwards, qui souffre d’un cancer, elle est aussi souvent aux côtés de son mari et jouit d’une forte popularité aux Etats-Unis. Dans le camp républicain, la bataille est en revanche beaucoup plus traditionelle. Elle met aux prises des hommes – Rudy Giuliani, Mitt Romney, John McCain, Fred Thompson – aux épouses très discrètes. Jean-Cosme Delaloye / New York Le bushisme tabou de GiulianiEspérer succéder à George Bush, l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire moderne américaine, n’est pas une mince affaire quand on est républicain comme lui. Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, incarne cet équilibre précaire entre le besoin de se distancer de l’actuelle Maison Blanche et celui de ne pas désavouer frontalement 7 ans de politique républicaine à la tête des Etats-Unis. « Je ne pense pas que nous devons fuir le président Bush, a-t-il notamment le 28 octobre dernier dans le New Hampshire. Mais nous ne voulons pas non plus un prolongement du gouvernement Bush ». Lors des derniers débats républicains, les candidats n’ont quasiment pas mentionné le nom de George Bush. Et ce, même s’il rejoignent l’actuel président sur de nombreux dossiers comme la guerre contre la terreur. Aussi bien Giuliani que Mitt Romney ou encore Fred Thompson, l’ancien acteur, sont comme George Bush en faveur de méthodes d’interrogatoire musclées pour les personnes suspectées de terrorisme. Rudy Giuliani défend aussi la décision de George Bush d’envoyer cette année plus de soldats américains en Irak, mais critique subtilement les erreurs commises par la Maison Blanche dans la planification de la guerre. La semaine dernière, Giuliani a remporté une victoire importante face à ses rivaux. Il a reçu le soutien officiel de Pat Robertson, l’un des leaders chrétiens évangéliques aux Etats-Unis, malgré de profondes divergences avec de dernier. Contrairement à George Bush et aux chrétiens conservateurs, Rudy Giuliani soutient en le droit à l’avortement et aux unions gays. Ce désaccord est aujourd’hui la principale différence entre Bush et Giuliani. Une version différente de ce dossier est parue le 15 novembre 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. 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