Au Texas, le “tueur de chat” échappe à la prison
New York. Jim Stevenson (photo police de Galveston), un ornithologue amateur de 54 ans qui avait abattu un chat l’année dernière à Galveston (Texas), n’ira pas en prison. Son procès s’est terminé hier par un vice de procédure. Le jury composé de quatre hommes et de huit femmes a été incapable de se mettre d’accord après deux jours de délibérations. S’il avait été reconnu coupable de « cruauté envers les animaux », Jim Stevenson aurait pu passer jusqu’à deux ans derrière les barreaux et avoir à payer une amende de 10 000 dollars. L’affaire a fait beaucoup de bruit au Texas et a provoqué un virulent débat sur internet entre les défenseurs des oiseaux et les « pro-chats ». L’American Bird Conservacy, principale société ornithologique américaine, a par exemple dénoncé l’acte de Stevenson mais a souligné qu’entre 60 millions et 100 millions de chats sauvages vivent aux Etats-Unis et qu’ils posent un risque pour les oiseaux. Sur les faits, tout le monde était d’accord. Jim Stevenson, président de la société ornithologique de Galveston, a abattu le chat avec un fusil de calibre 22 millimètres le 8 novembre 2006. L’homme ne l’a jamais contesté. Il avait été appréhendé quelques minutes après avoir tiré à proximité du lieu où gisait le chat. Dans son minibus, la police avait retrouvé sept douilles. Le lendemain de son arrestation, le 9 novembre 2006, Jim Stevenson avait d’ailleurs expliqué son geste sur Texbirds, un site internet pour les fans d’ornithologie. L’homme, un habitué du forum, avait écrit que le chat abattu était handicapé et donc obligé de se rabattre les proies les plus faciles et insouciantes, « de la même manière que les lions et les tigres blessés s’en prennent à l’homme ». Il s’était posé en défenseur des oiseaux menacés de disparition. Pendant son procès, la défense et l’accusation se sont affrontés sur les origines du chat. Pour l’avocat de Stevenson, le félin était sauvage et son client ne pouvait pas être poursuivi car le cas n’entrait pas dans le cadre du code pénal texan. La loi de l’Etat du président George Bush interdisait en effet jusqu’au 1er septembre dernier le meurtre, la mutilation ou l’empoisonnement d’un animal « appartenant à quelqu’un d’autre sans autorité légale pour le faire ou sans le consentement du propriétaire ». En face, le procureur estimait que le chat n’était pas sauvage, qu’il avait été baptisé « Mama Chat » par un employé de l’administration texane qui habitait à proximité du pont d’autoroute où vivait le félin. Toujours selon l’accusation, l’homme nourrissait le chat et avait été très affecté par sa disparition. Huit des douze jurés étaient en faveur d’une condamnation de Stevenson mais ils n’ont pas réussi à convaincre les quatre autres membres. Cette division insurmontable a forcé hier le juge à déclarer un vice de procédure. Le cas Stevenson a toutefois provoqué une révision du code pénal texan le 1er septembre 2007. La définition de « cruauté envers les animaux » y a été élargie. Le meurtre de tout animal qu’il soit domestique ou pas, y est désormais interdit. New York / Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 17 novembre 2007 dans la Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
||


