Seal de retour au club

agence de presse the.point.is.

  • Le 16 novembre 2007, Seal a sorti System, un album qui replonge dans la scène électronique anglaise du début des années 1990.
  • Nouveauté : le chanteur britannique de 44 ans chante avec son épouse Heidi Klum, le top model allemand.
  • Un reporter de l’agence the.point.is. a rencontré Seal à Los Angeles. Portrait et interview.

Los Angeles. Il revendique son retour à ses racines, confortablement installé dans le canapé d’un cinq étoiles de Los Angeles. Sur la table basse, une tasse de thé fume pendant que Seal (photo Warner Music), 44 ans, raconte ses débuts de chanteur dans l’Angleterre électronique du début des années 1990. A l’époque, il s’était révélé grâce à Killer, un morceau dance qu’il avait composé avec Adamski. «La musique électronique a été un outil merveilleux pour moi, dit-il. C’était le moment où la house explosait en Angleterre et où des gens faisaient de la musique incroyable dans leur chambre à coucher».

Le succès de Killer l’a éloigné des clubs car Seal visait l’Amérique, un pays qui, selon lui, «ne comprenait pas encore vraiment cette culture» club. Le succès planétaire de Kiss From a Rose en 1995, a scellé la métamorphose de Seal en chanteur pop à la voix veloutée. Un rôle qui lui a laissé un goût d’inachevé. «Pour mon nouvel album, j’ai pris ma guitare et me suis remis à faire ce que je faisais à mes débuts, poursuit-il. Je voulais que les gens puissent danser. Le public attend de moi que je le touche et chante bien ».

L’artiste a l’assurance stylée. Comme tout Britannique qui se respecte, il arbore une veste de survêtement blanche Fred Perry qu’il a croisée avec une chemise vichy bleue et blanche et une fine cravate de couleur. Ses pieds habillés d’une paire de bottes de cuir orangées, reposent sur la table basse et amplifient l’impression de grandeur qui se dégage de lui.

Seal incarne le paradoxe. Le musicien se pose en défenseur de la mélodie simple, mais sort un album hyperproduit par Stuart Price, le très sollicité trentenaire britannique qui avait œuvré sur le Confessions on a Dance Floor de Madonna. Il revendique une culture club mais apprend avec étonnement qu’Adamski, son partenaire des premières heures, continue à tourner sur la scène électro berlinoise sous le nom d’Adam Sky. Seal a forcément dû penser aux 12 millions d’albums vendus par Madonna lorsqu’elle a travaillé avec Price, mais il parle de son désir de revenir à ses racines électroniques avec une telle conviction qu’on finit par le croire.

La star dont le nom complet est Seal Henry Olusegun Olumide Adeola Samuel, insiste sur le dépouillement indispensable à la composition: « L’essence de la chanson est importante, glisse-t-il. Si vous mettez un complet à un singe, vous obtiendrez un singe en complet. Quand vous écrivez, vous devez vous concentrer sur les instruments de base et ne pas laisser la technologie s’en mêler. Si le morceau fonctionne quand vous le jouez à la guitare ou au piano, vous pouvez ensuite en faire ce que vous voulez».

Récemment, Seal fut la présence énigmatique et stylée aux côtés d’Heidi Klum, la top model allemande qu’il a épousé au Mexique le 10 mai 2005. Ce jour-là, l’artiste a d’ailleurs écrit Wedding Day, un morceau qui figure sur son album et qu’il chante en duo avec sa femme. Le couple habite à Los Angeles mais il songe à s’installer dans la région zurichoise. Heidi Klum lui a donné deux fils : Henry Günther, 2 ans, et Johan Riley, qui va fêter son premier anniversaire le 22 novembre. Le musicien a aussi a adopté Helene, 3 ans, la fille que la top model a eu avec Flavio Briatore, le patron de l’écurie Renault en Formule 1.

A l’écouter, Seal vit incontestablement ses plus belles années. Il parle de ce bonheur familial qui a inspiré ce disque électronique au rythme enlevé et conclut l’entretien en demandant à son interlocuteur de donner une chance à ses mélodies. Quand on repense à cette recontre, on le revoit fredonner des airs de son album a capella. On entend les paroles joyeuses de Wedding Day. On repense alors à une phrase qu’il a lâchée pendant l’interview: « Avant je cherchais, maintenant j’ai trouvé ». Vu sous cette angle, l’affirmation prend tout son sens.

Jean-Cosme Delaloye / Los Angeles

“La musique électronique a été un outil merveilleux pour moi”

Confessions on a Dance Floor, le dernier album de Madonna a été produit par le Britannique Stuart Price et s’est écolué à 12 millions d’exemplaires. Cela a-t-il vous a-t-il convaincu de travailler avec lui sur System?
Cela fait au moins trois albums que j’ai envie de refaire un album house. La culture club est difficile à cerner. Pour faire un album club crédible, il faut vivre cette culture. Le succès de mon premier album en 1991 m’a éloigné des clubs, mais cela ne veut pas dire que je ne pouvais plus faire un album de ce genre. Je cherchais à m’associer avec quelqu’un qui évolue monde de la house. Ce fut dur de trouver le partenaire idéal mais Stuart Price m’a permis de revisiter mes racines

Mais vous êtes marié, père de trois jeunes enfants. Pouvez-vous vraiment vivre et ressentir ce monde des clubs qui est par définition un monde de la nuit ?
Non et c’est pourquoi je me suis associé avec Stuart Price qui évolue dans cet environnment. Moi, je l’ai vécu. J’étais un musicien et un parolier avant de faire la dance au début des années 1990. La musique électronique a été un outil merveilleux pour moi. C’était à l’époque où la house explosait en Angleterre et où des tas de gens faisaient de la musique incroyable dans leur chambre à coucher. Après mon premier album, j’ai délaissé les clubs parce que je me suis concentré sur le marché américain. A cette époque, les Etats-Unis ne comprenaient pas vraiment cette culture.

Pour le public, vous restez identifié à Kiss from a Rose, tube planétaire qui a fait de vous une superstar en 1995. Pourquoi délaisser aujourd’hui la pop?
Ces quatre dernières années, j’ai donné beaucoup de concerts et j’ai réalisé que les gens veulent que je joue mes titres comme Crazy ou Killer pour pouvoir danser. Killer, le morceau que j’ai écrit avec Adamski, fut la premier à sortir des clubs pour grimper au sommet des charts au début des années 1990. Cette chanson a marché oparce qu’elle parlait aux gens. Pour System, j’ai repris ma guitare et me suis remis à faire ce que je faisais quand j’ai écrit Crazy.

Justement, vous présentez votre album comme un « retour à la guitare ». Or, les guitares semblent perdues dans les arragements électroniques.

Vous trouvez ? Toutes les chansons ont été écrites à la guitare, sauf l’une d’entre elles qui a été écrite au piano et à la guitare. L’essence de la chanson est importante. Si mettez un complet à un un singe, vous aurez un singe en complet. Quand vous composez, il ne faut pas laisser la technologie s’en mêler. Si le morceau fonctionne quand vous le jouez à la guitare ou au piano, vous pouvez ensuite en faire ce que vous voulez avec car la matière première est bonne.

Vous pouvez toutefois détruire une chanson par des arrangements inadaptés…

…C’est très difficile de détruire une chanson quand les fondations sont bonnes car la mélodie reste intacte. (Seal se met à chanter Crazy, l’un des tubes au début des années 1990). Si vous demandez à une vingtaine d’individus de vous donner la ligne de basse de Crazy, personne ne pourra le faire. En revanche, la plupart d’entre eux reconnaîtront la mélodie. Seuls les titres médiocres peuvent être détruits à la production.

Avez-vous vraiment écrit Wedding Day (n.d.l.r. littéralement : le jour de mariage) le jour où vous avez épousé Heidi Klum?
Oui. Nous étions au Mexique. Heidi et moi avions décidé de faire les choses selon la tradition. Elle a passé la nuit précédant la cérémonie dans la maison que nous possédons là-bas. J’étais dans une maison voisine. Le matin de notre mariage – le 10 mai 2005 – j’étais si heureux, car j’ai réalisé que j’avais attendu 40 ans pour vivre ce jour-là. J’ai réfléchi à ce que je voulais dire à ma femme et me suis mis à écrire: «Tu es mon monde, tu es mon ange».

Sur Wedding Day, on découvre d’ailleurs le talent caché d’Heidi Klum qui chante bien.
Heidi chante toujours pour nos enfants. Chanter ensemble fut donc quelque chose de naturel. D’autre part, les gens s’attendaient à ce que je parle beaucoup de ma famille sur cet album. Je l’ai fait, mais discrètement. Les enfants vous font voir le monde différemment et vous rendent plus tolérant. Je célèbre la vie dans cet album. Avant je cherchais, maintenant j’ai trouvé.
J-C De

Bio Express

19 février 1963 : Naissance de Seal Henry Olusegun Olumide Adeola Samuel à Londres. Après des études d’architecture, Seal chante dans les bars puis rejoint dans les années 80 Push, un groupe de funk britannique.
1990 : il collabore avec Adamski, un producteur de house et techno. Le duo sort Killer, le morceau qui révélera Seal.
1991 : Seal sort son premier album solo et connaît un gros succès avec Crazy, le single tiré de l’album.
1995 : Le morceau Kiss from a Rose est retenu sur la bande-originale du film Batman forever. Son succès fait de Seal une mégastar.
10 mai 2005, Seal épouse la top model Heidi Klum. Le couple a deux fils Henry Günther Samuel, 2 ans, Johan Riley Samuel, 1 an. Seal a également adopté Helene, la fille de 3 ans qu’Heidi Klum a eu avec Flavio Briatore.
16 novembre 2007 : Sortie de System, cinquième album de Seal.

House Party

Sa voix n’a pas changé. Le monde de la musique électronique si. C’est l’équation compliquée que Seal a tenté de résoudre sur System, son cinquième album présenté comme un retour aux racines du chanteur. Dix-sept ans ont passé depuis Killer, le tube qu’il a fait avec Adamski. Ca se sent à l’écoute d’ Amazing, le premier single de System, un disque très dance. Aux commandes de l’album, on retrouve Stuart Price, spécialiste de ce genre de musique qui a récemment produit Confessions on a Dance Floor et qui a remplacé Trevor Horn, le producteur de longue date de Seal. Les arrangements convenus et aériens de Price, donnent à l’album un côté de house rétro et des allures de rave du début des années 1990. Seal semble d’ailleurs plus à l’aise sur des titres plus intimistes comme Wedding Day, le duo avec son épouse, le rop model Heidi Klum, ou encore Rolling, une mélodie solide. Sortent aussi du lot l’énergique et électrique System, le morceau qui a donné son titre à l’album, et Dumb, morceau plus funk aux intonations accoustiques. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de se demander quel visage aurait eu cette album si Seal avait laissé de côté tout son bagage électronique et s’était mis à chanter accompagné de sa seule guitare.
J-C De

Seal, System, distribution Warner Music. Disponible en Suisse dès le 16 novembre


Comments

You must be logged in to post a comment.

Name (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Speak your mind