Bernard Kouchner embrasse l’initiative de George Bush à Annapolis
Annapolis. Venant de la France, le compliment doit faire plaisir à la Maison Blanche. «George Bush a été très important à Annapolis, a déclaré mardi dans les couloirs de la conférence sur le Proche-Orient, Bernard Kouchner (photo ©Jean-Cosme Delaloye), ministre français des Affaires étrangères. Quand les délégations israélienne et palestinienne sont arrivées pour l’ouverture de la réunion, il n’y avait pas d’accord. Le président Bush est personnellement intervenu». Paris soutient aujourd’hui sans retenue le « pacte d’Annapolis » et les efforts de la Maison Blanche pour parvenir à un traité de paix au Proche-Orient d’ici fin 2008. «Les Américains ont réussi la conférence d’Annapolis et je ne vois pas pourquoi nous ne leur ferions pas confiance, a poursuivi Bernard Kouchner. C’est un grand succès. » Cette unité sur le Proche-Orient confirme le rapprochement de Paris et Washington depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée au printemps dernier. Le chef de la diplomatie française a reconnu que toutes les questions épineuses auxquelles Israéliens et Palestiniens vont devoir répondre pour parvenir à un accord de paix – comme Jérusalem-Est que les Palestiniens revendiquent pour y fonder leur future capitale – ont toutes été abordées dans l’Initiative de Genève il y a quatre ans. « On a perdu un temps fou, a-t-il poursuivi. Mais dans toutes les guerres, on perd du temps pour la paix. Ce qui a changé à Annapolis, c’est qu’Israéliens et Palestiniens sont d’accord pour faire un Etat palestinien. C’est absolument décisif ». Le 17 décembre prochain, Paris organisera la conférence des donateurs pour les Territoires palestiniens. Selon Bernard Kouchner, le but est de récolter entre 2 et 4 milliards de dollars: « Nous allons essayer de changer la vie quotidienne des Palestiniens et de leur donner la liberté de circuler, a-t-il encore déclaré. Sinon aucun projet économique viable ne sera possible». Jean-Cosme Delaloye / Annapolis Cet article est paru le 29 novembre dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève Extraits de la la réunion de Bernard Kouchner avec la presse à Annapolis.“On a perdu un temps fou” Pour écouter un extrait de l’interview, cliquer ici. Monsieur Kouchner, comment qualifier la conférence d’Annapolis : une réunion de travail ou une suite de discours ? Quel sera le rôle de la France dans ce processus? Le problème de la légitimité du président palestinien Mahmoud Abbas par rapport au Hamas ? Avez-vous évoqué la question d’un émissaire américain pour un arbitrer les discussions entre Israéliens et palestiniens ? Pensez-vous que les Américains pourrons assumer ce rôle d’arbitre? Toutes les questions clé comme celle du statut de Jérusalem-Est et celle des réfugiés palestiniens, ont été posées il y a quatre ans dans l’Initiative de Genève… Mais n’a-t-on pas perdu beaucoup de temps ? CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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