La présidentielle américaine à l’heure des coups bas

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  • A un mois du début des primaires présidentielles républicaines dans l’Iowa, Hillary Clinton et Barack Obama se déchirent chez les démocrates.
  • Rudy Giuliani et Mitt Romney, les deux principaux candidats républicains, font de même.
  • Dans l’Iowa, les écarts se resserrent et un sondage donne désormais Barack Obama devançant Hillary Clinton.

New York. A un mois du début du début des primaires présidentielles dans l’Iowa, les coups bas entre les candidats pleuvent. Largement en tête pendant des mois chez les démocrates, Hillary Clinton a récemment vu fondre son avance sur le candidat afro-américain, Barack Obama, et sur John Edwards. Un dernier sondage du Des Moines Register, le principal quotidien de l’Iowa, donne désormais Barack Obama en tête avec 28% d’intentions de vote contre contre 25% pour l’épouse de Bill Clinton et 23% pour John Edwards. Conséquence directe: l’ancienne Première dame des Etats-Unis a durci ses attaques contre Obama.

La sénatrice de l’Etat de New York s’en est prise ce week-end au « courage » et aux « convictions » de son collègue de l’Illinois. « Je crois que les électeurs de l’Iowa doivent savoir qu’il y a une grande différence entre nos programmes, a-t-elle déclaré à propos d’Obama. Mais il y a aussi une grande différence au niveau de notre courage et de nos convictions (…). Les électeurs de l’Iowa vont pouvoir choisir entre un beau parleur et quelqu’un qui agit».

Impensable il y a encore quelques semaines, la perspective d’Hillary Clinton terminant troisième derrière Barack Obama et John Edwards dans l’Iowa, est aujourd’hui une possibilité. Cette nouvelle donne incite aussi ces derniers à multiplier les attaques contre la sénatrice de New York. Obama critique depuis des mois le vote d’Hillary Clinton pour autoriser la guerre en Irak à l’automne 2002. Le sénateur de l’Illinois a récemment accusé l’ancienne First Lady de mener une campagne « académique » consistant à éviter les « réponses claires ».

Barack Obama qui se présente comme le seul candidat capable de combler le fossé entre démocrates et républicains, évite les critiques directes mais n’hésite pas envoyer des coups subtils à ses adversaires. Lui-même mis en difficulté le week-end dernier pour ses liens avec des lobbyistes, Obama a répondu au camp Clinton : « Je crois que les responsables d’autres campagnes sont stressés par les résultats des sondages et profèrent des accusations éronées ». La campagne d’Obama a également lancé hier un site internet qui recense toutes les attaques d’Hillary Clinton contre ses adversaires.

Les démocrates ne sont pas les seuls à se déchirer. Dans le camp républicain, les principaux prétendants à la Maison Blanche mutiplient les coups bas à l’approche du scrutin de l’Iowa. Dans les rôles principaux, on retrouve Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001, et le mormon Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts. Les deux hommes se sont durement accrochés la semaine dernière sur la lutte contre l’immigration illégale, l’un des principaux enjeux chez les conservateurs. Mitt Romney a accusé à plusieurs reprises Giuliani d’avoir contribué à une hausse du nombre de sans-papiers aux Etats-Unis en les « accueillant » à New York. L’ancien maire de la Grande Pomme a rétorqué lors d’un débat en Floride que la «propriété » de Romney était un « refuge » pour les sans-papiers. Pendant des années, l’ancien gouverneur du Massachusetts a confié l’entretien de son jardin qui employait des immigrés illégaux.

Cet affrontement dans le camp républicain pourrait profiter à un troisième homme : Mike Huckabee, l’ancien gouverneur de l’Arkansas. Cet homme qui fut révérend baptiste, a les faveurs des chrétiens évangéliques et s’est jusqu’ici distingué par son peu d’entrain à attaquer frontalement ses collègues de parti.

Jean-Cosme Delaloye / New York

Cet article est paru le 4 décembre 2007 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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