L’ancien cycliste suisse Thomas F. bientôt libéré de prison
Alexandria Les lettres noires indiquant « prisonnier » dans le dos de sa combinaison verte, semblent usées par les années. A la demande du juge Gerald Bruce Lee, Thomas F. s’est levé et a pris position derrière le pupitre pour son ultime face-à-face avec le magistrat afro-américain. En octobre dernier, le Lausannois de 28 ans a plaidé coupable de trafic d’ecstasy. Le verdict doit désormais tomber. L’horloge murale de la salle feutrée aux couleurs ocres du tribunal fédéral d’Alexandria, indique 11 heures 25 en ce jeudi matin, 17 janvier 2008. Dehors, la neige gifle à gros flocons la banlieue de Washington. Arrivés le matin même de Suisse via Miami, Hilde et Alain M., la mère et le beau-père de Thomas F., sont assis au premier rang. Ils tendent l’oreille vers l’interprète pendant que le magistrat afro-américain s’adresse directement au prévenu. Le propos est à la fois dur – « le trafic de drogue n’est pas un crime sans conséquences » - et indulgent - « vous êtes un bon étudiant et un cycliste au beau palmarès». Le jeune Vaudois ne bronche pas. 20 mois de prison. Le verdict du juge Lee signifie que la fin du tunnel est proche pour Thomas F.. Incarcéré depuis son arrestation à Amsterdam le 1er juin 2006, l’ancien cycliste professionnel a déjà purgé sa peine et va sortir de prison dans les jours qui viennent. Il va pouvoir rentrer chez ses parents et rejoindre en Suisse son ami Andrea V., libéré peu avant Noël dans cette même affaire (lire encadré). Dans son verdict, le juge Lee a relevé la réhabilitation du jeune homme debout face à lui. Dans sa prison américaine, Thomas F. a passé un diplôme d’anglais et a enseigné les maths, les sciences et l’histoire aux autres détenus. « C’était important, car cela m’a permis de meubler mes journées », explique Thomas F. jeudi soir par téléphone depuis la prison d’Alexandria. Le jeune Lausannois est soulagé car il sait, comme le lui a rappelé le juge, que le genre d’offenses pour lequel il a été condamné, est techniquement passible de 15 voire 20 ans de prison aux Etats-Unis. « Cette perspective d’une peine énorme pour quelque chose que l’on m’a poussé à faire, était un stress très difficile à gérer », poursuit-il. « C’était dur pour moi, mais j’aurais voulu épargner ça à ma mère». Dans la voiture qui avance prudemment dans les rues désertes et enneigées d’Alexandria à l’issue de l’audience, Hilde M. contient son émotion. « Je suis encore sous le choc et ne serai totalement soulagée que quand il sera à la maison», glisse-t-elle. Thomas F. se réjouit de retrouver la Suisse. «Je vais prendre une semaine pour digérer tout cela, dit-il. Ensuite, on m’a proposé un travail en attendant que je puisse reprendre mes études d’ingénieur en novembre. J’aimerais créer un jour ma société. Mais c’est dur de faire des projets concrets quand vous êtes en prison, car vous ne savez pas ce qui vous attend dehors ». Alexandria / Jean-Cosme Delaloye “Un grand complot”« Vous étiez un petit maillon dans un grand complot». A la lecture de son verdict jeudi, le juge Gerald Bruce Lee a fait allusion au réseau démantelé en 2006 par la DEA, l’agence américaine anti-drogue. Il a souligné la coopération de Thomas Frischknecht avec les autorités américaines depuis son extradition vers les Etats-Unis, il y a six mois. Fin 2006 et début 2007, le même magistrat avait condamné respectivement à 20 ans et à 15 ans de prison le photographe franco-genevois A. B. et le ressortissant français B.E., considérés comme les cerveaux du réseau qui blanchissait aussi de l’argent. Arrêtés le 1er juin 2006 à Amsterdam, les deux Lausannois Thomas F. et Andrea V ont plaidé coupables de complot pour importer 10000 pilules d’ecstasy vers les Etats-Unis. L’ancien cycliste raconte avoir été entraîné dans cette affaire par les fausses promesses de A.B.. Il a aussi affirmé avoir été harcelé par une taupe de la DEA jusqu’à ce qu’il cède et accepte avec Andrea V. de servir d’intermédiaire dans une transaction d’ecstasy à Amsterdam. Les parents de Thomas F. disent aussi avoir remis aux enquêteurs des relevés du compte bancaire de leur fils, prouvant qu’il n’a pas gagné d’argent dans cette affaire. J-C De Les Etats-Unis renvoient leurs détenus étrangersLundi, les autorités américaines ont annoncé leur intention d’accélérer le renvoi de plus de 200 000 détenus d’origine étrangère afin de soulager leur budget. L’année dernière, le Congrès a alloué 200 millions de dollars pour financer un programme qui consiste à identifier les détenus immigrés et à les renvoyer dans leur pays d’origine. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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