Le rêve présidentiel brisé de John Edwards
New York, 30 janvier 2008. L’homme, blanc, qui rêvait de Maison Blanche, a dû se rendre à l’évidence : entre la candidature historique d’un Noir (Barack Obama) et celle tout aussi marquante d’une femme (Hillary Clinton), il n’y avait pas de place pour lui. John Edwards (Photo Daniella Zalcman) a tiré mercredi 30 janvier les conséquences de ses résultats décevants, au terme du premier mois de primaires. Il a annoncé hier à la Nouvelle-Orléans, à l’endroit-même où il était entré en campagne en décembre 2006, qu’il se retirait de la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre. John Edwards qui avait participé, mardi soir encore, à un meeting dans le Minnesota, souffrait d’un déficit d’image face à ses deux médiatiques rivaux. Il y avait récemment fait allusion lors d’un débat avec Hillary Clinton et Barack Obama. « C’est incroyable qu’être un homme blanc soit une marque de différence », avait-il lancé à Obama. En campagne en Caroline du Sud, Edwards s’était aussi récemment plaint de ne pas bénéficier de la même couverture médiatique que ses deux adversaires. Son problème ne se limitait pas à l’image. Son budget de campagne était trois fois moins élevé que ceux d’Obama et Clinton et sa recherche de fonds se compliquait avec chaque nouvelle défaite. John Edwards n’avait pas réussi à rééditer sa deuxième place encourageante dans l’Iowa le 3 janvier dernier et avait dû se contenter du rôle de « troisième homme », loin derrière Clinton et Obama. La désillusion vécue samedi dernier en Caroline du Sud, l’Etat dans lequel il est né il y a 54 ans, a porté le coup de grâce à sa candidature. A la Nouvelle-Orléans, John Edwards a mis fin à sa deuxième campagne présidentielle, entouré de sa femme Elizabeth, qui souffre d’un cancer du sein incurable, et de ses trois enfants. Il y a quatre ans, Edwards avait déjà échoué au stade des primaires avant d’être choisi par John Kerry pour être son candidat à la vice-présidence. Les deux hommes avaient été battus par le ticket George Bush-Dick Cheney. Barack Obama et Hillary Clinton se sont aussitôt lancés dans une offensive de charme pour tenter d’obtenir le soutien de John Edwards. L’ancien sénateur de Caroline du Nord représente entre 16 et 20% de l’électorat démocrate et jouit d’une forte popularité auprès des syndicats et des classes moyennes. Hier, il a affirmé avoir obtenu de ses deux anciens rivaux l’engagement qu’ils «mettront la lutte contre la pauvreté au cœur de leur campagne présidentielle ». Il a toutefois refusé de donner une consigne de vote à l’approche de la vingtaine de primaires du 5 février prochain. Jean-Cosme Delaloye / New York McCain en pôleLa course à l’investiture s’est aussi décantée chez les républicains. Mardi 29 janvier, John McCain a remporté d’une courte tête à la primaire de Floride face à Mitt Romney. Cette victoire place le sénateur de l’Arizona en position idéale à cinq jours du « Super Tuesday » du 5 février. McCain peut aussi compter sur un soutien de poids. Rudy Giuliani qui avait tout misé sur la Floride, devait annoncer hier soir son retrait de la course à la Maison Blanche, à la suite de sa décevante troisième place dans cet Etat. Selon l’entourage de l’ancien maire de New York cité par les médias américains, celui-ci devait annoncer son soutien à McCain. Pour de plus amples informations sur le sujet, vous pouvez consulter l’article de Jean-Cosme Delaloye à paraître dans la Tribune de Genève et 24 heures le 31 janvier 2008. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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