George Bush dans l’indifférence générale

  • George Bush a prononcé le 28 janvier au Congrès son dernier discours sur l’état de l’Union.
  • Le président américain a notamment demandé au Congrès de voter son plan de relance économique.
  • Mais à 11 mois du terme de son mandat, plus personne ne semble vraiment l’écouter.


New York, 29 janvier 2008
. Le numéro sept aura duré 53 minutes. Pour son septième et dernier discours sur l’état de l’Union lundi soir au Congrès, George Bush a une ultime fois détaillé les grands dossiers de son gouvernement pour l’année à venir. Un oral délicat pour un homme qui sait qu’on ne l’écoute plus que d’une oreille, voire plus du tout.

L’économie américaine tousse. L’action de George Bush n’est appréciée que par un Américain sur trois. Depuis le début de l’année, les primaires présidentielles démocrates attirent un nombre record d’électeurs avides de tourner la page Bush. Dans le camp républicain, les prétendants la Maison Blanche, n’aiment guère être associés à l’actuel président qui doit gérer depuis un an une inconfortable cohabitation avec un Congrès à majorité démoctrate.

Un canard boiteux. Voilà à quoi de nombreux Américains comparent régulièrement leur président aujourd’hui. « George Bush ne détermine plus l’agenda politique, explique George Edwards, professeur de sciences politique à l’Université du Texas A&M et expert des questions présidentielles. En fin de second mandat, les présidents sont en général dans une situation similaire, mais celle de George Bush est encore compliquée par sa très mauvaise cote de popularité ».

Quoi qu’il dise, le président américain sait que le Congrès démocrate n’a que peu de chances de suivre ses recommandations. Ce dernier a semblé tacitement reconnaître son impuissance en recyclant lundi soir des idées déjà énoncées lors de ses précédents discours sur l’état de l’Union. L’homme qui avait annoncé en début de second mandat il y a trois ans sa volonté de réformer la sécurité sociale américaine, n’a metionné le sujet qu’une fois. Il a mis au défi les députés de faire des contre-propositions à son projet qui risque de stagner sous la pile des affaires courantes.

George Bush a aussi demandé au Congrès de voter son plan de relance économique. Celui-ci a été accepté le 29 janvier par la Chambre des Représentants mais les sénateurs veulent désormais rajouter des provisions que la Maison Blanche ne veut pas.

Le sénateur John McCain n’est même pas rentré à Washington pour assister au discours. Le sénateur de l’Arizona avait préféré rester en Floride pour organiser hier sa primaire républicaine. Les deux autres membres du Congrès qui sont aussi en campagne présidentielle – les sénateurs démocrates Hillary Clinton et Barack Obama – étaient présents dans l’hémicyle mais ont incontestablement volé la vedette à George Bush.

Les caméras de télévision se sont longuement attardées sur les deux grands rivaux à l’investiture démocrate pour guigner la moindre interaction (Clinton et Obama ne se sont pas serrés la main). Le ralliement de la famille Kennedy à la campagne du sénateur afro-américain de l’Illinois, lundi 28 janvier, a aussi fait de l’ombre le discours de George Bush dans les médias américains.

Relégué à un rôle de figurant dans la campagne en cours pour le remplacer, George Bush travaille sur son image. Le Texan semble s’etre inspiré de Dwight Eisenhower qui avait passé sa dernière année de mandat à voyager. George Bush a commencé 2008 par une tournée au Porche- et Moyen-Orient. Le mois prochain, il se rendra en Afrique. « L’héritage du président dépendra cependant avant tout de l’issue de la guerre en Irak, conlcut George Edwards. Au Proche-Orient, sa tâche sera difficile car il ne peut pas prendre des engagements à long terme auprès des Israéliens et Palestiniens ».

New York / Jean-Cosme Delaloye

Cet article est paru le 30 janvier dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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