Barack Obama, champion du Potomac

agence de presse the.point.is.

  • Barack Obama (photo Daniella Zalcman) a largement remporté le 12 février les trois primaires organisées dans la région du Potomac, en Virginie, dans le Maryland et dans la ville de Washington.
  • Le sénateur de l’Illinois a désormais remporté les 8 dernières primaires qui se sont déroulées depuis le Super Tuesday du 5 février.
  • Hillary Clinton cherche à rebondir le 4 mars au Texas et dans l’Ohio.

New York. Hillary Clinton peut-elle encore le stopper ? Depuis quelques jours, Barack Obama (photo Daniella Zalcman) semble inarrêtable. Après ses nettes victoires en Louisiane, dans le Nebraska, l’Etat du Washington et le Maine, le sénateur de l’Illinois a remporté le 12 février les trois primaires présidentielles de Virginie, du Maryland et de la ville de Washington.

Le scénario semble se répéter élection après élection depuis le “Super Tuesday” du 5 février dernier : le candidat afro-américain devance à chaque fois largement sa rivale à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre. En Virginie, un Etat dans lequel Hillary Clinton espérait faire un bon résultat, il a recueilli 63 % des voix. Dans la ville de Washington, 75% des électeurs l’ont plébiscité. Il a également largement remporté le Maryland avec 60% des suffrages.

Selon des sondages réalisés à la sortie des urnes, Barack Obama a remporté en Virginie près de 90% des voix des Afro-Américains et a été plébiscité par huit Blancs de moins de 30 ans sur dix. Avec ces victoires, Obama est désormais favori pour représenter le parti démocrate face au républicain John McCain dans la course à la Maison Blanche. En termes de délégués, le sénateur fait aussi la course en tête.

Hillary Clinton avait déjà quitté la région du Potomac mardi soir. La sénatrice de New York qui cherche à rebondir après plusieurs jours difficiles, avait opté pour le Texas. Le Lone Star State vote le 4 mars prochain en même temps que l’Ohio, deux Etats riches en délégués qu’Hillary Clinton doit désormais absolument gagner pour rester dans la course à l’investiture démocrate. Au Texas, la communauté hispanique est appelée à jouer un rôle important et jusqu’ici elle a massivement plébiscité l’ancienne First Lady. L’Ohio compte pour sa part un important électorat ouvrier qui a plutôt tendance à voter pour Clinton.

Les deux rivaux démocrates ont déjà lancé cette semaine une onéreuse campagne publicitaire dans ces deux Etats. Mardi, Hillary Clinton a donné plusieurs interviews à des chaînes de télévision locales du Texas et de l’Ohio. Obama a opté pour une stratégie différente. Mardi soir, il était dans le Wisconsin, qui organise sa primaire le 19 février prochain. Donné favori cet Etat voisin de l’Illinois qu’il représente au Congrès, le candidat afro-américain tente de mobiliser ses supporters pour distancer sa rivale.

Hillary Clinton a pour sa part annoncé la semaine dernière avoir dû avancer 5 millions de dollars de sa fortune personnelle pour rivaliser avec Barack Obama en janvier. Elle a remplacé sa directrice de campagne et encaisse les défaites. Mardi, le numéro deux de sa campagne a également remis sa démission. Dans son camp, on semble pourtant convaincu que l’attaque est la meilleure défense. Lors d’une conférence téléphonique mardi avec la presse, Mark Penn, l’un des proches de Clinton, a mis en doute la capacité d’Obama à résister à John McCain et aux conservateurs. « Les attaques du parti républicain ont réussi à biaiser la perception des Américains vis-à-vis de politiciens hororables comme Al Gore et John Kerry », a déclaré Mark Penn. Ce dernier ajoute qu’Hillary Clinton « a toujours fait front à ce genre d’attaques et sera capable de neutraliser ce qui se passera probablement avec un candidat investi mais moins connu ».

Dans le camp républicain, John McCain a repris des couleurs en remportant les deux primaires de Virginie et du Maryland et a brisé l’élan de Mike Huckabee, son dernier rival sérieux à l’investiture. En Virginie, le sénateur de l’Arizona a cependant longtemps souffert avant de venir à bout de la résistance de l’ancien pasteur baptiste.

New York / Jean-Cosme Delaloye


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