Barack Obama vise une victoire puissance dix face à Hillary Clinton
New York. Le bras de fer entre Barack Obama(photo Daniella Zalcman) et Hillary Clinton est entré dans une nouvelle phase : la lutte des calculatrices. Depuis les trois nouvelles et nettes victoires du sénateur afro-américain de l’Illinois le 12 février 2008 dans les primaires de Virginie, du Maryland et de la ville de Washington, les analystes de la vie politique américaine comptent et recomptent pour savoir si l’ancienne First Lady peut rattraper son retard sur son rival. Les chiffres plaident nettement en faveur d’Obama. Huit victoires sur huit possibles depuis la série de primaires du « Super Tuesday » le 5 février dernier, 23 Etats remportés sur les 34 qui ont déjà voté. Selon les calculs de la chaîne NBC, Obama a remporté 1128 délégués sur les 2025 nécessaires pour décrocher l’investiture démocrate à la présidentielle de novembre. Hillary Clinton en a décroché 1009. El Paso, Texas. C’est dans cette ville à la frontière mexicaine que la sénatrice de New York a lancé le 12 février sa contre-attaque. «Pas question de se prendre une veste au Texas ». Dans l’entourage d’Hillary Clinton, la stratégie sinon le mot d’ordre sont clairs. L’ancienne First Lady doit gagner le 4 mars prochain le Lone Star State et l’Ohio, et remporter 55% des délégués qui restent en jeu pour pouvoir dépasser son rival. Hillary Clinton a adopté une nouvelle stratégie pour tenter de freiner l’élan son rival lors des primaires de Hawaï et du Wisconsin, le 19 février. L’ancienne First Lady qui a remplacé la semaine dernière les numéros un et deux de sa campagne, accuse Obama de n’avoir que de beaux discours à offrir aux Américains. Ce dernier a aussitôt contre-attaqué: “C’est vrai que les discours ne résolvent pas tous les problèmes”, a-t-il déclaré la semaine dernière. “Mais il est aussi vrai qu’il ne sert à rien d’avoir des programmes si nous n’arrivons pas à inspirer ce pays». Chez les Clinton, on parie également sur les 796 « super délégués ». Ces élus et membres du parti démocrate ne sont pas tenus de suivre les résultats des primaires pour plébisciter l’un ou l’autre candidat lors du vote d’investiture. Et pour l’instant, la sénatrice de New York a réussi à convaincre le plus de « super délégués », mais sa tâche se complique avec chaque victoire du sénateur de l’Illinois. Le week-end dernier, elle a perdu le soutien de John Lewis, un influent Représentant afro-américain de Géorgie et un “super délégué”. Lewis a décidé de changer de camp à la suite de la très nette victoire de Barack Obama dans son Etat. David Scott, un autre élu noir de Géorgie, a fait la même chose. Hillary Clinton est face à une véritable machine à gagner qui carbure au charisme et à l’éloquence. Des dizaines d’interviews réalisées ces dernières semaines de l’Iowa à la Caroline du Sud, révèlent que l’un des atouts majeurs d’Obama est sa capacité à inspirer les électeurs. Ses discours toujours impeccablement prononcés, portent littéralement les milliers de personnes qui assistent à ses meetings de campagne. Barack Obama peut compter sur des « armées » de volontaires pour quadriller les Etats aux quatre coins du pays et construire son infrastructure de campagne. Dans l’Iowa qu’il a remporté le 3 janvier dernier, Obama avait ouvert 37 bureaux régionaux et envoyé des membres de son staff au printemps de l’année dernière. En juin 2007, sa campagne avait envoyé des DVD sur la vie du sénateur de l’Illinois à 100 000 électeurs potentiels de l’Iowa. Barack Obama s’est donné les moyens de ses ambitions. Il a mis sur pied une efficace machine à lever des fonds. En 2007, il a recueilli plus de 100 millions de dollars et il récolte à l’heure actuelle 1 million de dollars par jour. Jean-Cosme Delaloye / New York Une version différente de cet article est parue le 14 février dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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