Washington se réjouit du départ de Fidel Castro mais restera inflexible
New York. « Je serai prudent. Merci ». C’est sur ces mots que Fidel Castro (photo Jarin Blaschke) a conclu hier son message dans lequel il indique son intention de ne pas se représenter à la présidence de Cuba. Le Lider Maximo, 81 ans, va passer la main après quarante-neuf ans au pouvoir. Atteint par la maladie, Fidel Castro avait d’ailleurs techniquement déjà confié la direction du pays à son frère cadet Raul, 76 ans, depuis le 31 juillet 2006 à cause de ses problèmes de santé. Alors que le parlement de Cuba doit ce réunir ce dimanche pour élire le successeur de Castro, les Etats-Unis n’ont pour l’instant pas l’intention de déserrer l’étau sur la petite nation des Caraïbes. John Negroponte, numéro deux du Département d’Etat, a exclu hier une levée “dans un avenir proche” de l’embargo économique que Washington impose à l’île depuis 45 ans. En visite officielle au Rwanda, George Bush n’a promis une ouverture qu’en échange d’élections libres et a demandé une libération des prisonniers politiques. Les candidats à la présidentielle, les démocrates Barack Obama et Hillary Clinton et le républicain John McCain, se sont joints à l’appel de George Bush. Obama a notamment indiqué que la décision de Fidel Castro n’était « pas suffisante pour apporter la liberté à Cuba ». Au Congrès, quelques élus dont les sénateurs démocrate Max Baucus et républicain Mike Crapo ont introduit l’année dernière un projet de loi demandant une levée de l’embargo pour les produits agricoles. Mais le projet n’a pas encore été soumis au vote et de nombreux parlementaires des deux grands partis semblent convaincus du bien-fondé de la politique d’isolement vis-à-vis de Cuba prônée par Washington. « Les Etats-Unis sont prisonniers de leur politique”, explique Jonathan Benjamin-Alvarado, professeur de sciences politiques à l’Université du Nebraska et visiteur régulier de Cuba. “Ils ne peuvent rien faire à cause de leur embargo. Comme le gouvernement Bush n’a pas l’intention de changer fondamentalement de politique vis-à-vis de Cuba et que les Cubaines ne vont pas céder le pouvoir, la situation devrait rester bloquée ». En 2004, George Bush a renforcé l’embargo en 2004. Le 10 juillet 2006, le président américain a accepté de suivre les recommandations de Commission d’aide à un Cuba libre, un organe qu’il a mandaté à fin 2003. Washington est prêt à allouer 80 millions de dollars sur deux ans pour aider Cuba à préparer l’ère post-Castro. Mais ce programme ne sera activé que si la Maison Blanche considère que l’île est en train de s’engager dans un processus démocratique. En attendant, les Etats-Unis ont accru la fréquence des programmes de Radio Marti, une télévision qui émet à Cuba depuis la Floride. «A l’heure actuelle, les Etats-Unis sont sur la touche à Cuba”, conclut Jonathan Benjamin-Alvarado. “La politique de Washington laisse la voie libre au Brésil et au Venezuela, qui sont désormais les deux acteurs étrangers majeurs à Cuba. Et la découverte de pétrole au large des côtes cubaines n’est pas assez importante pour convaincre Washington de changer sa politique pour l’instant». New York / Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 20 février dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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