Aux Etats-Unis, la saison des casseroles débute tôt

  • Le New York Times a publié le 21 février 2008 une enquête sur la relation entre John McCain et une lobbyiste il y a huit ans.
  • Les conservateurs se mobilisent pour dénoncer un article qui met en cause l’intégrité de leur candidat à la Maison Blanche.
  • L’affaire est potentiellement embarassante pour le candidat républicain à la Maison Blanche, car elle remet en cause son éthique.

New York. Pour pouvoir prétendre à la Maison Blanche, il faut être prêt à passer à la moulinette. L’affirmation est du républicain Mike Huckabee. Il y a une année, l’ancien pasteur baptiste avait lancé sa campagne présidentielle en soulignant son amour pour l’Amérique et en affirmant n’avoir pas peur d’être scruté sous toutes ses coutures. Jamais avare d’un bon mot, Huckabee avait même comparé la politique à une « machine à saucisses ».

Son rival John McCain ne le contradira pas. Depuis deux jours, le sénateur de l’Arizona, archifavori à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de novembre, fait l’objet d’une polémique déclenchée par le New York Times. McCain est soupçonné d’avoir eu une relation « inappropriée » avec une lobbyiste il y a huit ans et de lui avoir rendu des services.

McCain peut se dire qu’il n’est pas le seul et que les « liaisons dangereuses » des candidats à la présidentielle ne leur ont jusqu’ici guère porté préjudice. Hillary Clinton a rendu l’année dernière un million dollars que Norman Hsu, un homme d’affaires aujourd’hui emprisonné, avait donné à sa campagne. La casserole de Barack Obama s’appelle Antoin Rezko, un businessman de Chicago qui doit être jugé pour extorsion dès le 3 mars prochain. Quant au pasteur Huckabee, les médias américains ont révélé à l’automne 2006 que ses amis avaient ouvert des listes de mariage pour contribuer à l’aménagement de sa nouvelle maison. Huckabee est marié depuis 1974.

Cette chasse aux casseroles est un phénomène classique dans une Amérique habituée au au grand déballage sur la place publique. En janvier, Barack Obama a mis Hillary Clinton au défi de publier sa fiche d’impôt. L’ancienne First Lady a contre-attaqué ce mois-ci en accusant son rival de plagiat. A neuf mois du scrutin présidentiel, médias et prétendants à la Maison Blanche semblent suivre la logique puritaine, selon laquelle un petit mensonge peut en cacher un gros.
Jean-Cosme Delaloye

Cet éditorial est paru le 23 février 2008 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève.


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