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New York. C’est un visage reconnaissable entre mille. Crâne légèrement ovale, lisse comme un œuf, lunettes carées noires, barbe de deux jours. C’est le visage d’un homme qui a vendu des millions d’albums depuis le succès de « Go », son premier tube en 1991, et a traversé les années sans prendre une ride. Pourtant quand on croise Moby dans New York, il se fond dans la masse. Beyrouth. Le regard perdu sur une Méditerranée écrasée de soleil, Charles Abdallah s’accorde une petite pause cigarillos sur le balcon du bureau qu’il occupe depuis bientôt deux ans comme économiste du développement de la Commission européenne à Beyrouth. Soudain, une explosion retentit. Suffisamment puissante et proche pour faire sursauter le petit cendrier posé sur la rambarde. A 47 ans, le libano-suisse sait qu’il est inutile de tenter d’appeler son épouse Nelly pour la rassurer. Après chaque attentat, toutes les communications sont coupées pour une heure au moins. Ce jour-là, quelqu’un a voulu gâcher la fête d’adieu de l’ambassadeur américain Jeffrey Feltman. Avec succès. Carnage Dallas, Texas, 3 mars 2008. Lorsqu’il s’est réveillé d’un long cauchemar de 27 ans, le monde avait changé. Charles Chatman n’avait jamais vu de téléphone portable ni entendu parler d’Internet. Il ne savait plus se servir d’un couteau pour manger. Dans sa cellule, l’Afro-Américain condamné au Texas à 99 ans de prison pour le viol d’une Blanche qu’il n’avait pas commis, avait assisté à un interminable et désespérant défilé de plus de 9800 jours. Il n’était plus Charles Chatman mais une combinaison de six chiffres – 324559 –, son numéro de détenu. New York, 12 mars 2008. Eliot Spitzer (photo Daniella Zalcman) était l’intraitable justicier abhorrant le pêché et le crime. Le 12 mars, l’ancien shériff de Wall Street, a démissionné de son poste de gouverneur, seize mois après son arrivée au pouvoir. Lundi, le New York Times avait révélé que le politicien avaiat été piégé par le FBI en train d’organiser un rendez-vous avec une prostituée de luxe, le 13 février dernier dans un cinq étoiles de Washington. Selon des écoutes du FBI, le gouverneur aurait payé 4300 dollars en cash pour les services de la jeune femme prénommée Kirsten. New York, 9 mars 2008. Barack Obama a retrouvé un certain équilibre électoral. Le sénateur de l’Illinois a remporté samedi les caucus du Wyoming avec 61% des voix contre 38% pour Hillary Clinton. Cette victoire dans un Etat peu peuplé et à très forte majorité républicaine permet au candidat afro-américain de freiner l’ancienne First Lady au terme d’une semaine fructueuse pour elle, au cours de laquelle elle a remporté les primaires du Texas, de l’Ohio et de Rhode Island. Dallas, Texas, 4 mars 2008. L’idée paraît incongrue, voire utopique. Et si les démocrates remportaient le Texas lors de la présidentielle de novembre ? Cela n’est plus arrivé depuis 1976. Dans cet Etat dominé par les républicains, Austin, la progressiste capitale, fait figure d’épine dans le pied conservateur. Dallas, 5 mars 2008. Il ne manquait qu’une ligne, la dernière. Hillary Clinton aime rappeler aux Texans que sa carrière politique a débuté en 1972 à Austin, la capitale de leur Etat. A l’époque, elle travaillait pour la campagne présidentielle de George McGovern. L’homme avait finalement été laminé par Richard Nixon, mais cela n’a pas empêché l’ancienne First lady de garder un bon souvenir de ce qu’elle décrit comme son « bizutage politique » dans son autobiographie « Histoire vivante ». Dallas (Texas), 3 mars 2008. Hillary Clinton joue sa campagne présidentielle ce 4 mars au Texas et dans l’Ohio. Après avoir été battue 11 fois de suite par Barack Obama lors des dernières primaires présidentielles démocrates, l’ancienne First Lady n’a plus le droit à l’erreur. «Nous devons gagner mardi, a-t-elle déclaré le 1er mars à San Antonio, Texas. Et nous allons gagner». New York, 29 février 2008. Quand ils aperçoivent les portes du pénitencier d’Angola en Louisiane, les détenus qui arrivent pour y purger leur peine savent que la plupart d’entre eux ne ressortiront jamais vivants. Les Etats-Unis incarcèrent toujours plus de monde et les peines sont de plus en longues. Un rapport du Pew Center publié le 28 février, révèle qu’un adulte américain sur 99 est aujourd’hui en prison. Le nombre de détenus outre-Atlantique a crû de 25 000 en 2007 pour atteindre un total de 2,31 millions de personnes. Un record mondial qui relègue la Chine et ses 1,5 millions de détenus à une lointaine seconde place. |
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