Le gouverneur de New York tombe pour une affaire de prostitution
New York, 12 mars 2008. Eliot Spitzer (photo Daniella Zalcman) était l’intraitable justicier abhorrant le pêché et le crime. Le 12 mars, l’ancien “shériff de Wall Street”, a démissionné de son poste de gouverneur, seize mois après son arrivée au pouvoir. Lundi, le New York Times avait révélé que le politicien avaiat été piégé par le FBI en train d’organiser un rendez-vous avec une prostituée de luxe, le 13 février dernier dans un cinq étoiles de Washington. Selon des écoutes du FBI, le gouverneur aurait payé 4300 dollars en cash pour les services de la jeune femme prénommée Kirsten. Après s’être publiquement excusé lundi après-midi lors d’une très brève conférence de presse, Eliot Spitzer a annoncé son départ mercredi matin. “Nous avons de choses à accomplir et je ne peux pas permettre à mes échecs privés de bouleverser le travail du peuple”, a-t-il déclaré aux côtés de sa femme. C’est désormais David Paterson, son adjoint, qui va prendre la direction de l’Etat jusqu’à la fin du mandat en 2010. Paterson devient le premier aveugle et premier Afro-Américain de l’histoire de l’Etat de New York, à occuper le poste de gouverneur. Mardi, Eliot Spitzer était resté cloîtré toute la journée dans son appartement de Manhattan pendant que les appels à la démission se multipliaient. Les parlementaires républicains lui avaient donné mardi 48 heures pour quitter ses fonctions, avant de lancer une procédure de destitution. La presse américaine n’a pas été avare de détails sur les mœurs du gouverneur de New York et sur ses liens avec un réseau de prostitution de luxe. Selon l’acte d’accusation, il serait le « client numéro 9 » de l’Emperors Club, un réseau de call girls de luxe démantelé la semaine dernière par les autorités américaines. Eliot Spitzer était prudent. Il avait réservé une chambre à Washington sous pseudo – George Fox, le nom de l’un de ses supporters. Toujours selon l’acte d’accusation, la proxénète avait prévenu Kristen, décrite comme une «jolie jeune femme » de 1 mètre 65 et de 47 kilos, que le client numéro 9 demandait aux femmes « de faire des choses que tu estimerais pas sûres ». A l’issue du rendez-vous qui a duré un peu plus d’une heure le 13 février, la prostitutée a appelé sa patronne pour lui dire que tout s’était bien passé. Selon des sources non identifiées citées par le quotidien Newsday, Eliot Spitzer qui avait lui-même poursuivi plusieurs réseaux de prostitution à l’époque où il était gouverneur de l’Etat de New York, aurait eu des relations avec au moins sept ou huit call girls ces dernières années. Selon le New York Post qui cite des sources anonymes, Eliot Spitzer aurait fréquenté des protituées depuis dix ans et aurait dépensé 80 000 dollars pour s’offrir leurs services. Au cours de sa carrière de procureur, Eliot Spitzer, 48 ans, s’était forgé une solide réputation de justicier en s’attaquant aux cols blancs de Wall Street. En 2002, il avait enquêté sur les pratiques de dix banques d’investissement dont le Credit Suisse First Boston (CSFB) et UBS Warburg, et obtenu qu’elles paient des indemnisations de 1,4 milliards de dollars pour avoir donné des conseils biaisés à leurs clients. Eliot Spitzer s’était aussi intéressé de près aux finances du Congrès juif mondial, une enquête qui avait débouché sur le remplacement d’Israel Singer à la tête de l’organisation.Certains voyaient même en Eliot Spitzer, un père de trois filles, le futur premier président de confession juive aux Etats-Unis. Outre ses possibles implications légales – la prostitution est interdite aux Etats-Unis-, le scandale va avoir une conséquence directe sur la course à la Maison Blanche. Eliot Spitzer était l’un des 796 superdélégués du parti démocrate et soutentait Hillary Clinton, la Sénatrice de son Etat. Avec sa démission, Spitzer a perdu son statut et l’ancienne First Lady une voix précieuse dans la course à l’investiture démocrate. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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