Hillary Clinton perd à nouveau « sa tête »
New York, 7 avril 2008. Pour Hillary Clinton, Mark Penn valait 10 millions de dollars. C’est le montant qu’avait versé jusqu’ici la candidate présidentielle pour s’offrir les services de son principal stratège. Dimanche, ce dernier a quitté ses fonctions après avoir commis une gaffe qui menace aujourd’hui le rêve présidentiel de l’ancienne First Lady. L’affaire remonte au 31 mars dernier. Ce jour-là, Mark Penn avait rencontré l’ambassadeur colombien à Washington pour parler d’un traité de libre-échange entre les Etats-Unis et la Colombie. Il ne représentait pas Hillary Clinton mais la firme de relations publiques qu’il dirige et qui avait été mandatée par Bogota pour « vendre » le traité aux Américains. Problème pour Penn : Hillary Clinton ne veut pas de ce texte. Et en Pennsylvanie, Etat qu’elle doit absolument remporter le 22 avril pour sauver sa campagne présidentielle, les accords de libre-échange n’ont pas bonne presse auprès des électeurs démocrates. L’Etat de la Côte Est a beaucoup souffert des délocalisations et les syndicats réclament des mesures protectionnistes. Selon plusieurs médias américains, la candidate à la présidentielle aurait d’ailleurs été furieuse lorsqu’elle aurait appris le rendez-vous de Mark Penn avec les officiels colombien. A deux semaines de la primaire de Pennsylvanie, la gaffe et le départ de Penn compliquent la tâche d’Hillary Clinton. « Cela devient vraiment difficile pour elle, avance Peter Fenn, le stratège de la campagne victorieuse d’Hillary Clinton pour un siège au sénat en 2000. La partie est déjà bien entamée et il faudrait vraiment un changement de dynamique radical pour qu’elle ait une chance de battre Barack Obama ». Peu avant la primaire de l’Ohio le 4 mars dernier, les médias américains avaient révélé qu’Austan Goolsbee, un conseiller de Barack Obama avait rencontré des officiels canadiens pour semble-t-il les rassurer sur les intentions d’Obama. En cas d’élection à la Maison Blanche, ce dernier avait promis aux électeurs américains de renégocier l’accord de libre-échange que les Etats-Unis ont conclu avec le Canada et le Mexique et payé au prix fort la démarche de son conseiller en perdant largement l’Ohio, un Etat très touché par les délocalisations . Alors que l’avance d’Hillary Clinton sur son rival semble fondre en Pennsylvanie, l’ancienne First Lady pourrait se retouver dans une situation similaire. Pour Peter Fenn, Hillary Clinton est une « bien meilleure candidate que son équipe de campagne qui a fait des erreurs de stratégie grossière ». Le proche des Clinton estime que cette dernière paie aujourd’hui certaines décisions de son entourage. « Ses conseillers ont surjoué la carte de l’expérience, explique-t-il. Les électeurs américains eux voulaient simplement une candidate qu’ils pouvaient apprécier ». Ces derniers jours, plusieurs élus démocrates ont apporté leur soutien officiel à Barack Obama et les regards se tournent désormais vers Al Gore. Le prix Nobel de la paix et ancien vice-président de Bill Clinton a toutefois refusé jusqu’ici de s’impliquer dans la bataille entre Hillary Clinton et Barack Obama. New York / Jean-Cosme Delaloye CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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