L’Irak fait son retour dans la course à la Maison Blanche

agence de presse the.point.is.

  • Le général David Petraeus, plus haut gradé américain en Irak, a demandé mardi 8 avril au Sénat à Washington de geler le retrait des troupes américaines d’Irak.
  • Réactions contrastées des présidentiables John McCain, Hillary Clinton, et Barack Obama.
  • En campagne en Pennsylvanie mercredi, Hillary Clinton (photo Daniella Zalcman) a accusé Barack Obama de n’avoir que des mots à proposer aux Américains pour mettre fin à la guerre en Irak.

New York, 9 avril 2008. Stop au retrait d’Irak. Pendant toute la journée d’hier, le général David Petraeus, commandant des troupes américaines en Irak, a demandé aux sénateurs de geler, dès juillet et pendant au moins un mois et demi, le retour de ses hommes aux Etats-Unis. Cette pause doit permettre à Washington de procéder à une évaluation de la situation sécuritaire du côté de Bagadad à l’issue du retrait de 20 000 soldats américains d’ici trois mois.

La question irakienne, enjeu central de la présidentielle de novembre, a fait hier un retour remarqué au cœur d’une campagne électoralle marquée ces dernières semaines par les gaffes des uns et des autres. L’« oral » du général Petraeus et de Ryan Crocker, ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, a une nouvelle fois donné aux républicains et aux démocrates l’occasion d’afficher leur profondes divergences sur la stratégie à privilégier en Irak.

Premier présidentiable à entrer en scène, John McCain a soutenu le général Petraeus et conclu son intervention en affirmant que le Congrès ne devait pas choisir « de perdre en Irak ». « Si les Etats-Unis décident de se retirer d’Irak avant que la sécurité ne soit assurée, nous échangerons une victoire pour une défaite aux conséquences terribles et durables», a martelé le candidat républicain à la présidentielle.

Devant une assemblée d’ancien combattant la veille, le sénateur de l’Arizona avait accusé les démocrates de faire preuve d’ « irresponsabilité » en promettant un retrait d’Irak. John McCain a répété ses attaques hier matin en qualifiant d’«imprudents » les appels à «un retrait irresponsable » d’une partie des 158 0000 soldats américains stationnés en Irak.

Ebranlée par la démission de son stratège gaffeur dimanche soir, Hillary Clinton avait elle six minutes pour convaincre. La candidate démocrate à la présidentielle s’est prudemment opposée à John McCain et au général Petraeus en regrettant l’absence de progrès politiques du côté de Bagdad. Elle a demandé que des troupes américaines soient retirées d’Irak pour permettre une réallocation des ressources en Afghanistan notamment.

Barack Obama a lui demandé au général Petraeus et à Ryan Crocker à quoi ressemblait le succès en Irak. Le candidat démocrate à la présidentielle voulait savoir si le gouvernement Bush avait pour but d’éliminer toute présence terroriste et toute influence iranienne en Irak, une entreprise qui nécéssiterait, selon lui, une présence américaine en Irak de 20, voire 30 ans. Ou souhaite-t-elle parvenir à status quo imparfait mais tenable avec nettement moins de troupes américaines que les 158 000 soldats stationnés du côté de Bagdad. Réponse de Ryan Crocker: “C’est très difficile et compliqué (…)”. De son côté, le général Petraeus a affirmé qu’il ne lui était pas possible d’établir un calendrier pour le retrait des troupes américaines, une exigence centrale pour de nombreux élus démocrates dont Hillary Clinton et Barack Obama.

En campagne mercredi en Pennsylvanie, Hillary Clinton a une nouvelle fois accusé Barack Obama de n’avoir que des mots à offrir aux Américains face à ses solutions à elle pour mettre fin à la guerre en Irak. Et elle a affirmé que le républicain John McCain avait intérêt à ce que le conflit se poursuive. “C’est le choix que nous devons faire, a-t-elle déclaré dans une école de la banlieue de Pittsburgh. Un candidat va continuer la guerre et garder nos soldats en Irak indéfiniment. L’autre candidat dit qu’il va mettre fin à la guerre”. Barack Obama a répondu à distance à l’ancienne First Lady. En campagne lui aussi en Pennsylvanie, le sénateur de l’Illinois a critiqué la décision d’Hillary Clinton de voter en faveur de la guerre.

New York / Jean-Cosme Delaloye

Cet article est paru le 9 avril dans la Tribune de Genève et 24heures.


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